Présentation

  • : Les jardins d'Hélène
  • lesjardinsdhelene
  • : 17/02/2006
  • : Littérature
  • : 37 ans, bibliothécaire, mère de 2 ados et d'un petit moustique de 8 ans, soit 3 monstres qui poussent bien trop vite, aussi épuisants qu'irremplaçables. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Le retour de Maukie

A la demande générale, the cat is back



la famille s'agrandit :


Préambule

Des livres, et plus encore…

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

Lundi 16 novembre 2009

Laura, dix-sept ans, part en Allemagne comme jeune fille au pair dans une famille où elle se sent très vite étrangère : étrangère à elle-même, étrangère dans ce pays, étrangère dans cette famille. L’atmosphère du roman est oppressante, les parents de cette famille semblent avoir de étranges habitudes, les enfants livrés à eux-mêmes, et Laura au milieu ne sait pas bien ce qu’on attend d’elle, personne ne lui donne de consignes.

Elle participe d’elle-même à cette vie sans bien comprendre, s’interroge sur sa propre famille, sur son lien à son grand frère à qui elle écrit régulièrement, à son frère trop vite disparu, à sa mère, au couple que forment ses parents….
Qu’elle semble triste et monotone cette vie, grise dans cette Allemagne d’avant la chute du Mur, de ces années 80 où l’on écoutait encore de la musique sur des cassettes audio… Climat pesant, sentiment malsain qui semble poindre, où va nous mener ce récit ? Vers la vie, vers l’envol, vers la maturité, vers le passage de l’âge adulte… Au cours de cette année étrangère, complètement perdue, Laura va surtout se découvrir elle-même.

p. 39 "J'ai la sensation d'errer sans but dans un monde que je ne comprends pas, dont ne m'a pas encore donné la clé, mais dont je pressens qu'il va bientôt m'engloutir. Ce n'est pas de la peur que j'éprouve mais une légère appréhension doublée d'une impresion de mystère. Je me demande qui sont ces gens qui vivent au ralenti, sans exigences et sans règles apparentes, et qui m'obligent à tout modifier en moi, mon rythme, mon énergie, mon jugement. J'expérimente, en vivant le contraire de ce que j'ai appris à vivre, une autre forme d'existence, molle, distordue et libre en apparence. Je découvre un nouveau mode de relation entre les êtres, où n'affleurent pas l'angoisse, le souci d'efficacité ni la volonté de contrôler les actes de chacun. Ici, personne ne plannifie, personne ne se préoccupe du temps qui passe, personne n'organise quoi que ce soit quand le week-end arrive. Personne n'a peur du lendemain. C'est ce que je crois."

Un roman au déroulement finalement simple mais qui attire par son entrée énigmatique, vous rend complice de l’inquiétude de ses personnages, et donc curieux du dénouement.

 

Encore faut-il pour cela ne surtout pas lire la quatrième de couverture qui dit absolument tout du roman, à tel point qu’on se demande alors « à quoi bon l’acheter » ?!


L’album du livre 

 

Lu aussi par Clarabel, Antigone, Laurent , Canel, ….

 

Stock, août 2009, 207 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hubert MICHEL et éd. Stock

Par Laure - Publié dans : Romans français/francophones
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Dimanche 15 novembre 2009

Traduit de l’américain par François Hirsch

 

Un homme et son enfant avancent seuls sur une route, dans un paysage dévasté, de cendres et de pluie. Ils ont pour seul bien un caddie qu’ils poussent, contenant quelques vieilles couvertures et quelques vivres qui s’épuisent trop vite. Ils luttent contre la pluie, le froid, la neige, la faim, mais aussi la barbarie et la haine des rares rescapés qu’ils rencontrent. Où est-on ? A quelle époque ? Que s’est-il passé ? On ne le sait pas. L’apocalypse a eu lieu, nous dit la quatrième de couverture. C’est tout. Roman d’anticipation ? De science-fiction ? Roman d’un monde possible où notre folie nous mène ? Roman de l’après 11 septembre ? Eruption volcanique qui a enseveli les hommes ? Guerre ? Bombe atomique ?

Il ne se passe rien d’autre dans ce roman, ou pas grand-chose, toujours cette avancée sur la route, dans le froid, la peur, la violence, la faim. Pourtant quel roman intrigant dès le départ ! Etrange, fascinant, sombre, noir mais percé par cet éclat lumineux de l’amour entre un père et son petit garçon.

J’ai craint passé les cinquante premières pages que le roman soit répétitif et lassant, mais non, un fil ténu vous tire pour savoir ce que ces deux font là et où ils vont. La réponse, on ne l’aura pas. On ne peut qu’imaginer, supposer, penser que. C’est peut-être ma frustration dans cette lecture, parce que si je me laisse embarquer dans une histoire, j’aime aussi en avoir toutes les clés, c’est donc ce qui mitige mon avis, sur ce qui est quand même un grand roman.

 

Plein d’avis de lecteurs sur BOB

 

Editions de l’Olivier, février 2008, 244 pages, prix : 21 €

Existe en poche.

Etoiles :

Crédit photo couverture : © scandella@IDSland.com et l’Olivier éd.

Par Laure - Publié dans : Romans étrangers
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Vendredi 13 novembre 2009

Il fut un temps lointain où j’ai aimé quelques romans de Christine Orban. Au début de l’année 2009, son dernier « n’oublie pas d’être heureuse » m’avait tant ennuyée que je crois bien ne même pas l’avoir fini. Il y a deux ans, elle publiait un recueil de citations et petites phrases, que j’avais feuilleté en librairie, et qui sous un joli titre, Petites phrases pour traverser la vie en cas de tempête et par beau temps aussi, me semblait surtout cacher un gros vide. Aujourd’hui paraît un nouveau recueil, « fait d’instantanés, de phrases entendues, de scènes surprises ici ou là, d’observations. Attraper la vie avec une succession de phrases. » Dit comme ça, l’idée est attrayante. Le découpage est organisé : dans la vie m’a dit, il y a « je connais quelqu’un », « j’ai entendu », « je me souviens » (tiens, ça quelqu’un l'a déjà fait !), des thématiques, l’amour, l’amitié, la sagesse, la solitude, la déception, etc. Comme ça ne semblait pas suffire à remplir une centaine de pages très aérées, l’auteur y ajouté des citations d’écrivains, de Molière à Flaubert, de Sénèque à Proust, en y mêlant des propos d’inconnus, un élève du lycée Surcouf à Saint-Malo, un petit enfant du Bhoutan… Le hic, c’est qu’hormis les citations de grands auteurs qui tombent hors propos comme des cheveux sur la soupe, l’ensemble de ces phrases ultra courtes est d’une vacuité telle que je ne sais quels exemples vous donner, tous plus plats les uns que les autres.

p. 19 : « Peut-être ne faut-il pas trop connaître les gens »

p. 15 : « Je connais quelqu’un qui ne fait rien par peur de faire mal »

p. 53 : « Faute d’affection, contentons-nous de la politesse »

p. 33 : « Je me souviens des jupes-culottes »

p. 91 : « Attendre c’est perdre un jour en espérant un autre »

Je ne sais pas ce qu’elle vous raconte à vous, la vie, mais moi il me semble que même à la pause café entre collègues,  ou en discutant avec mes enfants ou en écoutant une conversation à la caisse du supermarché, la vie m’apprend des choses plus intéressantes que ça !

 

Je vous livre quand même deux phrases qui me semblent avoir leur place dans ce recueil :

 

p. 22 : « J’ai entendu des gens parler et ne rien dire »

p. 107 : « C’est aux livres et aux disques médiocres qui sont encensés que l’on mesure le pouvoir de l’artiste sur la presse ».

 

CQFD.

 

Albin Michel, novembre 2009, 176 pages, prix : 12,50 euros

Etoiles :

Crédit photo couverture : © BSIP / Philip Rosenberg et éd. Albin Michel.

Par Laure - Publié dans : Essais / documents
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Vendredi 6 novembre 2009

« Tu vas mourir, aujourd’hui, et tu ne le sais pas encore. Le sauras-tu jamais, même à l’ultime instant ? » Ainsi s’ouvre le roman, écrit à la 2ème personne du singulier. On ne sait pas qui parle, on ne le saura qu’à la fin, même si une piste est lancée quelque part au milieu du livre. On va suivre la dernière journée d’un homme banal et qui n’a rien de remarquable, autour duquel gravite quelques personnages : sa petite amie Caroline, son ami Laroque, une Mademoiselle Mystère qui l’épie depuis la table d’un café, et dont on apprend assez vite que c’est elle qui veut sa mort. Quinze jours qu’elle rôde dans le coin avec son frère Olivier, pour préparer le crime. Pourquoi ? Des retours en arrière dans le récit et l’histoire d’une famille qui peu à peu se dévoile. Un roman qui interroge sur la colère, la vengeance, le temps qui passe, la banalité de la vie… et un livre qui tient surtout par sa forme, ce récit intriguant à la deuxième personne, sans quoi j’avoue que je ne lui ai pas trouvé d’éclat particulier, intéressant au départ, noyant un peu le poisson dans des détails parfois, cherchant dans le passé une intrigue à la fois banale et pas tout à fait crédible, c’est un roman court aussi se lit-il sans déplaisir, mais il manque quelque chose, une lueur tonique qui réveillerait la médiocrité du personnage, car là, je n’en garderai pas un ‘grand‘ souvenir.

 

 

Lu aussi par Georgesandetmoi dont je partage assez bien l’avis, et les plumes d’Audrey.

 

Actes Sud, août 2009, 174 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : Young Singer © Saul Leiter, Courtesy Howard Greenberg Gallery, et éd. Actes Sud.

Par Laure - Publié dans : Romans français/francophones
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Jeudi 5 novembre 2009

Ah ! la perle qui plaira à tous ceux qui vivent dans un petit village, savent l’enthousiasme de ses élus pour l’animer, fréquentent les salons du livre ou invitent des auteurs (bibliothécaires, suivez mon regard ;-) !

Un énorme merci à la bénévole qui m’a offert ce livre, et qui m’a encouragée à le faire remonter sur la pile, car c’est une vraie tranche de rigolade du début à la fin, on sent l’observation fine et (gentiment) moqueuse de l’auteur. Mais quand on a l’impression de vivre dans le même univers ou presque, on applaudit : c’est d’un réalisme détonnant !

 

Je crois que c’est un album pour la jeunesse (éditions Circonflexe), façon BD avec beaucoup de texte quand même, raconté par une enfant, mais les allusions sont telles que désolée, moi je le garde pour moi J

Julie est donc une enfant élue au Conseil Municipal des Jeunes de Saint Saturnin les Oies, qu’on imagine bien dans le Sud-Ouest. Chouette expérience pour découvrir le fonctionnement d’une commune, on écoute toujours vos idées mais on n’a jamais les sous pour les réaliser. Et comme tout village se doit d’être dynamique, chacun s’active tous les week-ends pour que la fête du vin, la choucroute associative, le corso fleuri, etc. soient réussis. Toutes les bonnes volontés sont acceptées et les compétences de chacun utilisées, ça s’appelle du bénévolat J Mais voilà, il reste un week-end de libre dans l’année, et ça ne va pas, il faut trouver quelque chose ! L’adjoint aux sports a bien son idée et celui à la culture aussi, mais on frôle l’étripage quand intervient Mme Flanchon : « Mme Flanchon n’est pas élue, mais elle est pire : elle est conseillère pédagogique à la retraite. Alors elle continue de conseiller, gratuitement… » C’est ainsi que va naître le marathon des mots (sport et culture, voyez), le premier salon du livre de St Saturnin les Oies. Et là, on continue dans la rigolade qui fleure le vécu : pour attirer du monde, on invite un auteur tête d’affiche, qu’on loge dans le seul hôtel potable du coin, les autres iront en masse à l’auberge des voyageurs sur le quai de la gare et le conteur baba-cool arrive dans son fourgon aménagé ; tout part à vau-l’eau, les auteurs de BD un peu trop turbulents finissent au commissariat avant même l’ouverture du salon, un auteur obscur qu’on n’a pas invité mais qui s’invite tout seul partout débarque avec son stock de livres doublement payé et racheté à son éditeur à compte d’auteurs pour essayer d’en fourguer quelques uns vu qu’à par sa cheminée, personne n’en veut, etc. etc. Il y a des livres partout et quelques catastrophes, mais beaucoup de rires à la lecture ! Et plein de références et d’allusions qui vous feront forcément sourire. Un vrai bonheur ce bouquin !

 

 

Circonflexe, avril 2003, 13 euros.

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Bruno Heitz et éd. Circonflexe

Par Laure - Publié dans : Littérature jeunesse
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Jeudi 29 octobre 2009

Dorine Bertrand écrit des scénarios de dessins animés et des livres pour enfants, mais ne vous y trompez pas, ici, c'est bien pour les grands qu'elle écrit, la preuve par neuf (les neuf nouvelles du recueil) qu'elle a une plume, un style, noir, vif, incisif, assassin. C'est méchant ou juste grave ou tordu, mais paradoxalement c'est bon !

Que ce soit l'ado de 15 ans qui projette de se suicider et fait en pensée le testament de ce qu'elle lèguera à ses parents, la femme enceinte qui perd les eaux mais ne veux pas accoucher, la jeune femme qui reçoit une lettre emplie de bonnes raisons d'avorter (la plus terrible celle-ci !), toutes prennent des tours inattendus, surprenants, dérangeants, drôles. Toutes les nouvelles ne se valent pas, dommage, les dernières du recueil sont pour moi les moins bonnes, la gradation est donc décevante, mais on en ressort tout de même avec une furieuse envie de suivre Dorine Bertrand dans ses futures publications (s'il y a ?), ce genre d'auteur qui vous intrigue et vous bouscule juste assez pour vous donner un p'tit goût de revenez-y.


L'avis de Clarabel (qui vous en offre deux pour le même clic), que je remercie ! 


Pocket, juin 2008, 151 pages, prix : 5 €

Etoiles : 

Crédit photo couverture : Hélène Swynghedauw et éd. Pocket.

Par Laure - Publié dans : Romans français/francophones
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