Présentation

Le retour de Maukie

A la demande générale, the cat is back




Préambule

Des livres, et plus encore…

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, douze ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 12:16

si-tu-existes-ailleurs.jpgRarement il m’a été donné de lire un roman aussi creux et insignifiant. Ceci dit, j’aurais dû me méfier : avec une couverture et un titre pareils, ça ne vous évoque pas nos amis Lévy et Musso ? Ajoutez une pincée de Coelho, et le cocktail est prêt.

 

Alors qu’il était enfant, Noam a assisté au décès de sa mère, renversée par une voiture sous ses yeux. Et les paroles d’une passante (« c’est la faute de l’enfant ») l’ont culpabilisé à vie. Le roman s’ouvre donc sur le récit de cette scène dans le cabinet du docteur Laurens, « psy » renommée (le fantôme de Dolto n’est pas loin), qui demande à l’enfant âgé de 6 ans de décrire un dessin. On ne saura jamais ce qu’il y a sur le dessin qui n’est pas décrit, mais le récit de l’accident est d’une précision rare avec moult détails. Hum, pas très cohérent. Plus de trente ans après, Noam peine toujours à se réaliser et à construire une vie de couple,  probablement toujours empreint du drame de son enfance. La psy n’a pas vraiment fait preuve de son efficacité, elle qui l’a suivi pendant plus de dix ans et reçu encore à l’âge adulte. Noam souffre toujours d’angoisses et ça ne va pas s’arranger quand sa nièce de 3 ans lui annonce qu’il mourra du cœur en même temps que 5 autres personnes.

La psy jette et l’éponge et l’envoie chez une étrange collègue, une « sorte de psy » (sic), qui verse dans le mysticisme. Et c’est parti pour une série d’aventures aussi grotesques qu’irréalistes. Le pire, c’est que le dénouement de l’histoire tient la route, si j’écarte la guimauve sentimentale finale, mais il est fort dommage d’avoir dû subir 300 pages aussi creuses avant d’en arriver là.

Ce qui m’a surtout agacée dans ce roman, c’est la « sauce psy » d’une superficialité éhontée, qui mêle joyeusement toutes les disciplines (psychologue, psychothérapeute, psychiatre, psychanalyste, …) d’ailleurs à quoi bon s’embarrasser, l’auteur se contente d’appeler son héroïne la psy, c’est plus simple (en précisant parfois qu’elle est psychiatre renommée pour redevenir psychologue un peu plus loin). Je bondis quand je lis un tel salmigondis d’approches à l’emporte-pièce, ainsi les crises d’angoisse ne seraient autre que « la crise de la quarantaine, de la cinquantaine, l’angoisse existentielle » «  Y a-t-il des traitements contre cette maladie ? » Ce n’est pas une maladie, Noam » (p.105) L’auteur souhaite-t-il que je lui transmette une bibliographie sur les attaques de panique / troubles anxieux, maladie qui se soigne avec un traitement adapté et un médecin compétent et dont on peut souffrir à 20 ans (elle a bon dos la quarantaine), et dont on peut guérir, aussi. Mais il faudra faire mieux qu’une « sorte de psy » de roman, ça c’est sûr.

P. 120 : « - Mon histoire vous touche ? Marrant, je croyais que les psys ne devaient pas dévoiler leurs émotions ? 

- Les psys peut-être, reconnut Linette, embarrassée. Mais je vous l’ai dit, je suis une thérapeute d’un autre genre et l’empathie fait partie de mon approche. Elle est également une des composantes de mon caractère. »

Une « thérapeute d’un autre genre », voilà autre chose… Les psy(chologues, chiatres, chothérapeutes) sont des êtres humains qui ont des émotions comme les autres, et en général pas mal d’empathie pour exercer un tel métier. Seuls les psychanalystes peut-être se doivent de rester de marbre, les autres sont dans l’échange.

Mais j’ai dû trop réduire mon âme pour comprendre :

p. 119 « Chaque âme possède sa propre dimension. Il convient simplement de ne pas la forcer à être ce qu’elle n’est pas, à aller là où elle ne veut pas aller et surtout, éviter de la réduire. » Vous remarquez comme cela veut absolument tout et rien dire. C’est quoi réduire son âme ?

p. 286 « Quant à la « communication facilitée », elle comportait une assise pseudo-scientifique suffisamment plausible pour que tu acceptes la « théorie de la prophétie des innocents ». Sarah, elle, était la passeuse, celle qui te livrait les clés d’un monde parallèle. » C’est bien là le problème de ce roman : tout est pseudo-quelque chose, pseudo-psy, pseudo-scientifique, mais surtout, surtout, n’essayons pas d’expliquer. Le lecteur décérébré se contentera de l’assise pseudo-fourre-tout, c’est juste un roman oh !

Et 300 pages plus loin on se demande toujours si la mort de sa mère est la cause de son blocage … euh, c’est ce qu’on posait dès le départ, non ? On n’a donc pas vraiment progressé.

 

Toujours est-il que je n’ai pas vu « le suspense haletant, les personnages sincères et attachants, et l’histoire envoûtante que vous n’oublierez jamais » annoncés en 4ème de couv. J’ai juste bien rigolé. (Et parfois pensé que ce genre de bouquin pouvait être dangereux pour les gens psychologiquement fragiles)

 

Flammarion, mai 2012, 327 pages, prix : 19,90 €

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Crédit photo couverture : © Studio création Flammarion

 

 

Par Laure - Publié dans : Romans français/francophones
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 15:19

l-amour-avant-que-j-oublie.jpgPremière lecture pour moi de cet auteur haïtien. Si j’ai eu un peu de mal à entrer véritablement dans le roman (écriture dense et foisonnante, aucune aération dans le texte – ni paragraphes ni alinéas) j’ai tout de même été séduite par cet univers riche et littérairement dépaysant.

Alors qu’il rencontre une jeune femme lors d’un colloque et n’ose l’aborder, celui que l’on nomme ici  l’Ecrivain lui écrit un roman dans l’urgence. Raconter les autres pour peut-être en dire un peu de lui. Il convoque dans son récit les Aînés qu’il a fréquentés alors qu’il était jeune enseignant et syndiqué et habitait la même pension de Port-au-Prince. Trois personnages hauts en couleur, qui tous ont vécu une histoire surprenante, trois personnages qui donnent leur nom aux trois parties du roman : l’Etranger, l’Historien, et Raoul. J’ai beaucoup aimé les deux premiers, l’histoire du dernier m’a un peu plus égarée, tant s’emmêlent tout du long les fractures du temps et des lieux, de l’imaginaire et du réel, du récit et du dialogue qui n’apparaît pas immédiatement comme tel. Les histoires des trois personnages se reprennent et se poursuivent en permanence, et malgré cette construction qui m’a parfois un peu perdue, j’en garde le souvenir d’un beau texte, riche et poétique.

Ce n’est pas un roman jetable qui se lit et s’oublie, au contraire, il donne envie d’y revenir, de relire certains passages et revivre un temps les émotions de ces personnages aux rêves malmenés.

 

p. 33-34 : « Il se savait mourant mais il ne voulait pas donner à son histoire une portée universelle. Vers la fin, sa voix était devenue un râle, mais ce n’était pas un râle triste. J’en ai déduit, je n’ose pas encore le crier en public, le devoir d’apprendre à écrire sous la dictée des absents pour fondre toutes les vies en une seule grande histoire. J’écris pour te parler et garder en mémoire l’étrangeté des chemins qui conduisent à l’amour. »

 

p. 36 : « J’ai peur de la proximité. Ecrire est moins vain qu’on ne le croit. C’est la proposition d’une présence différée. […] Je préfère t’écrire ce roman d’apprentissage par vieux messieurs interposés. Je me protège en cultivant cette prudence si chère aux auteurs réalistes. »

 

Merci à Véro pour la découverte !

 

Actes Sud, coll. Babel, août 2009, 182 pages, prix : 6,60 €

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Crédit photo couverture : © Steve Perraultn Internal Awareness, 2009, et éd. Actes Sud.

Par Laure - Publié dans : Romans français/francophones
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 11:48

bebe-ventre-maman.jpgUne nouvelle aventure du petit lapin Simon, qu’on ne présente plus depuis Caca boudin et je veux des pâtes, tant il est devenu culte et familier des petits.

Simon et son frère Gaspard jouent aux petites voitures quand leurs parents viennent leur annoncer une grande nouvelle : il y a un petit frère ou une petite sœur dans le ventre de maman ! Est-ce que vous êtes contents ? Ben, je sais pas, je le connais pas encore ! Il arrive à quelle heure ? Euh, pas tout de suite, il doit d’abord grandir dans le ventre de maman.

Et vient l’inévitable question : « dis papa, comment on fait les bébés ? » Le papa réussit à éluder en partant vite travailler et promet d’expliquer le soir venu. Simon est encore tout ému quand vient l’heure de la récré, et sa copine Lou qui n’a pas la langue dans sa poche et qui a l’air bien plus au courant que les garçons, lui explique comment on fait les bébés. Pour de vrai et sans détour, avec ses mots d’enfant.

En rentrant Simon explique à son papa que ce n’est plus la peine d’expliquer, il sait tout. Je vous laisse quand même la surprise de la chute, qui m’a vraiment fait rire.

Un album drôle et bien vu, bien amené pour parler de ce sujet qui embarrasse encore tant de parents. Un récit qui joue aussi sur la complicité « entre hommes », sur l’entrée dans le monde des grands, sur les filles qu’on dit plus mûres (mais les garçons ne sont pas idiots non plus !), des dialogues très spontanés et réalistes (la vraie vie des enfants) et des illustrations toujours aussi simples mais expressives. Une réussite pleine d’humour.

 

 

L’école des loisirs, mars 2012, prix : 12,70 €

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Crédit photo couverture : © Stephanie Blake et l’école des loisirs

Par Laure - Publié dans : Littérature jeunesse
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 16:10

les-amateurs.jpgEtonnante BD, novatrice, déroutante, mais presque drôle et souvent proche du livre d’art ! Pas de cases, pas de bulles, on se rapproche du roman graphique, tout en le déjouant, il y a régulièrement de splendides pleines pages à l’aquarelle, des tableaux flamboyants, et des dialogues dont la couleur des propos est attachée à son personnage. Original, vraiment !

Pieterjan est invité en résidence d’auteur à une première biennale d’art de Beerpoele, dans la campagne flamande. Il réalise vite qu’il débarque au milieu de nulle part, et que les gentils organisateurs ont quand même l’air d’une sacrée bande d’amateurs. Il faut le voir logé sur un lit de camp au fond du garage avec un simple seau en guise de sanitaires mais quand même avec un poisson rouge dans son bocal « pour réchauffer l’atmosphère ». C’est pas gagné ! D’autant qu’il faut laisser s’exprimer chacun, du psychotique qui dessine des spirales ad vitam aeternam (et pourrit un peu la vie de l’artiste) aux divers personnages aux compétences elles aussi déroutantes. Il s’attachera à rassembler ce petit monde autour d’un grand projet, une géante sculpture, qui finira de façon assez déjantée, je vous laisse la surprise. Au fil des jours, l’artiste perd de ses convictions pour s’adapter à son environnement, et semble se consacrer davantage à la jeune et jolie Cléo qui joue les apprentis photographes.

Un album qu’on se surprend à aimer, aux nombreuses scènes sublimes graphiquement et cocasses dans le scénario, et dont on sent évoluer la réflexion sur la création artistique et la place de la culture.

Une curiosité à découvrir !

 

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  © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

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   © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

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   © Brecht Evens et Actes Sud BD

 

Actes Sud BD, novembre 2011, 120 pages ; prix : 25,40 €

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Crédit photo couverture : © Brecht Evens et Actes Sud BD éd.

Par Laure - Publié dans : Boite à BD
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 10:10

 

Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo

 

splat-agent-secret.jpgUn nouvel album de Splat, grand format, et par Rob Scotton (souvenez-vous, les petits formats étaient une reprise par d'autres sous nom de licence) : Splat Agent secret !

Splat a bien de la chance : son papa fabrique de beaux canards en bois rien que pour lui, de toutes les couleurs, de toutes les tailles. Splat en a une belle collection dans la cabane du jardin. Mais voilà qu'un beau jour, l'un de ses canards a disparu. Harry Souris n'a rien vu. Le lendemain, le canard est revenu, mais sans son bec ! Et un autre a disparu ! Et cela se reproduit les jours suivants! C'en est trop, Splat doit mener l'enquête. Grâce à son émission de télé préférée, il sait comment s'y prendre, et muni de son sac à dos spécial « agent secret » et de sa casquette de Sherlock Holmes, il va traquer le voleur ! Avec une fausse piste pour faire durer un peu plus le plaisir quand même !


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Une nouvelle aventure originale et sympathique où l'on retrouve notre fidèle Grouff et une belle histoire d'amitié.

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En bonus, sur les pages liminaires, un petit code secret à décrypter. Ce n'est qu'en fin d'album qu'on trouve une page spéciale «le code des canards » où chaque canard correspond à une lettre de l'alphabet. Je n'ai pas bien vu à quoi cela se rapportait, d'autant que les canards de Splat ont déjà des noms, et qui ne correspondent pas aux initiales données. Hum... Je suis intriguée à mon tour et reviens tout au début de l'album, où avant le début de l'histoire, il y a bien une illustration....qui renferme un message secret ! Le petit plus qui peut passer inaperçu mais qui amusera les enfants curieux et ils pourront ensuite s'amuser à dessiner d'autres messages avec ce code des canards !

 

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Nathan jeunesse, mai 2012, 34 pages, prix : 13,90 €

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Crédit photo couverture : © Rob Scotton et éd. Nathan.


Par Laure - Publié dans : Littérature jeunesse
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 19:04

 

moi-et-la-mer-de-weddell.jpgMarius, 15 ans, a un rêve : partir découvrir la mer de Weddell, loin là-bas en Antarctique, voir les glaces, les baleines et les manchots. Il a construit un igloo en morceaux de draps dans le garage familial et il a beau s'y réfugier, il étouffe dans le cocon familial, enserré dans la petite vie bien rangée de ses parents, du grand-père à l'aube de la mort, et du chien Vanille proche aussi du cimetière.

Pourtant, il devrait être heureux, avec la belle Daphné, mais il se sent vide de l'intérieur, il ne l'aime pas, ou peut-être que si, il n'en sait rien... Et l'ambiance est encore plus morose à la maison depuis que son grand frère Vincent est parti étudier à Bordeaux et ne donne plus guère de nouvelles.

 

Roman de l'errance adolescente, de l'entre deux, Marius erre dans sa propre vie comme une âme en peine. Il cherche mais ne sait pas vraiment quoi, il ne réussit pas à apprécier ce qu'il a... C'est à vous filer le bourdon toute cette déprime latente ! Pourtant il y a de très beaux passages, j'ai aimé la relation fraternelle, ces deux frangins qui cultivent une façade pour les parents alors qu'ils vivent tout autre chose, ce lien qui les réunit malgré les fuites et les esquives réciproques.

Un roman un peu long à démarrer, qui finalement est à l'image de Marius qui se cherche, un roman souvent trop mélancolique (la présence des deux fidèles copains ne réussit pas à enjouer le tout), qui malgré des lueurs (l'album photo offert par le prof de dessin) vous file un sacré coup de blues.

Les rêves de l'adolescence n'ont pas tous la gaîté des chiens fous. Même si ça finit bien.

 

 

D'autres titres d'Arnaud Tiercelin :

- En secret

- S'échapper d'ici

 

Rouergue, janvier 2012, 183 pages, prix : 12,40 €

Etoiles :  stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et Le Rouergue.

Par Laure - Publié dans : Livr'ados
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