Les jardins d'Hélène

Les belles choses que porte le ciel - Dinaw Mengestu

31 Mars 2008, 13:59pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Anne Wicke

 

Ils sont trois amis immigrés dans ce quartier noir et pauvre de Washington : Sépha Stéphanos, éthiopien, Kenneth le Kenyan et Joseph, le Congolais. Stepha tient une petite épicerie qui le maintient tant bien que mal en vie. L’arrivée d’une nouvelle voisine, blanche, Judith, et de sa petite fille métisse, Naomi, va bouleverser sa vie.

 

Ce très beau livre de Dinaw Mengestu (premier roman !) prend le temps de s’installer lentement, dans une sorte de douceur apaisante alors que les événements passés ou présents n’ont rien du bonheur. Avoir fui les dictatures africaines et mis le pied en terre d’Amérique ne garantit pas un bonheur salvateur. Ils sont là, liés par une amitié et se laissent porter par la vie, luttant avec le peu qu’ils ont.

L’écriture poétique est pour beaucoup dans la qualité de ce livre. Comme on aimerait que tout soit possible entre Judith et Sépha ! Les passages avec la petite fille Naomi sont d’une pure beauté ! Comment deux êtres peuvent-ils s’apporter autant l’un l’autre qu’en partageant la lecture à voix haute des frères Karamazov, un livre choisi par la petite fille pour sa longueur, pour faire durer le plaisir…
On regrettera toutefois un peu trop de longueurs, que les passages lumineux ne suffisent pas toujours à faire oublier. Une belle découverte quand même que ce roman sur l’exil et le déracinement, d’une maturité étonnante pour le jeune âge de l’auteur (30 ans).

Le titre est un extrait de l’enfer de Dante. 

 Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection romans.
 Albin Michel, août 2007, 303 pages, prix : 21,50 €
Ma note : 14/20

Crédit photo couverture : éd.Albin Michel.

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C'est arrivé à Lucile - Anne-Laure Boselli

29 Mars 2008, 10:12am

Publié par Laure

Premier roman.

 

Une nuit, Lucile appelle son amie Alexia. L’adolescente de seize ans dort et ne veut pas répondre. Le message qu’elle trouve la réveille immédiatement et la bouleverse : le père de Lucile est décédé subitement. Comment aider sa meilleure amie ? Que dire ? Que faire auprès d’elle ?

 

Sur un temps très court et avec une économie de moyens assez impressionnante, Anne-Laure Boselli nous propose un roman sensible et délicat sur l’impuissance face à la mort, mais sur l’importance de l’amitié. Plus que les phases du deuil qui n’ont pas le temps ici d’être développées, c’est sur cette impuissance et maladresse d’Alexia que l’auteur insiste. La jeune fille « se sent nulle », ne sait pas quoi dire à son amie, ne sait pas comment la soutenir, mais elle est là, même désemparée, elle a répondu présente à son appel, et c’est cela qui est important. 

 Extrait p. 53 : « Les deux amies se regardent en silence. Dans leurs yeux, défilent quinze années de jeux, de rires et de larmes, de secrets partagés. Elles se sourient. Elles fixent dans le passé, pour l’éternité, leurs souvenirs d’enfants. Il y aura un avant et un après ce moment, elles le savent. Après, il n’y aura plus d’insouciance, plus de légèreté. Après, la vie ne sera plus aussi belle. L’enfance sera restée derrière, comme un livre que l’on a trop tôt refermé. La mort l’a emporté avec lui, alors que l’encre n’était pas sèche et qu’il restait des pages à écrire. »

 p. 89 : « […] J’ai perdu mon père et ça ne va pas. Oui, je pleure. Oui, ça fait mal. Non, je ne vais pas l’oublier avec le temps. Jamais. Jamais. Jamais. Je ne veux pas. Il est dans mon cœur. Il reste dans ma tête. Dans mon corps. Je suis née de lui, je suis une part de lui. Je suis faite de lui… »

Un livre coup de cœur de Ricochet, dès 12 ans.
Un livre que j’ai acheté pour Camille, évidemment. 

Ed. Alice jeunesse, janvier 2008, 92 pages, prix : 8 €
Ma note : 4,5/5
Photo couverture : Rik Wouters, Portrait de Nel Wouters (détail)

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Kurt quo vadis ? - Erlend Loe

28 Mars 2008, 17:05pm

Publié par Laure

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud.

Illustré par Kim Hiorthoy

 

On avait découvert Kurt et sa fantaisie contagieuse avec le Prix Tam-Tam décerné en 2006 au Salon de Montreuil à Kurt et le Poisson. Assez vite avait suivi un deuxième tome tout aussi sympathique. Voici un troisième volume qui malgré une excellente critique sur Ricochet qui le place dans ses coups de cœurs, me laisse un peu plus dubitative.

kurt-quo-vadis.jpgParce qu’il se sent inférieur au milieu que fréquente son architecte de femme, Kurt décide de faire des choses plus importantes que conduire un Fenwick. Il consulte alors une voyante qui lui dit qu’il sera applaudi en temps voulu pour quelque chose en rapport avec la poussière… Ni une ni deux, Kurt cogite et c’est trouvé : et s’il partait aspirer le monde pour le rendre plus beau ? Muni d’un aspirateur et d’une rallonge de 10 000 m de long, il se lance dans l’aventure avec son fils Bud. Mais alors qu’ils passent l’Allemagne à l’aspirateur, un dénommé Staub (poussière en allemand), l’accuse de lui avoir volé son idée et lui interdit d’exercer.

p. 67 : « Je trouve ça horrible de constater que le monde est ainsi fait que, quand on a une idée géniale, c’est toujours un autre abruti qui l’a eue avant. »

Retour à Oslo, où Kurt est désespéré et de mauvais poil. Puisqu’ils ne peuvent plus passer l’aspirateur, s’ils devenaient docteurs ? C’est bien, ça, docteur, ça gagne plein d’argent et ça a un bipeur. Mais la supercherie est vite percée à jour, à force de ne coller que des pansements sur les ventres des gens en guise de soins… Vexé, Kurt s’en va réfléchir  à son brillant avenir au sommet d’une plate-forme pendant plusieurs semaines. Et si conducteur de Fenwick était finalement la meilleure chose qu’il sache faire ? (Et il le prouvera lors d’un terrible accident).

 

Une histoire à l’humour toujours aussi absurde mais qui ne m’a pas enthousiasmée. Comme si à force d’en faire trop tout perdait son sens. Bien sûr tout est irréaliste au possible et c’est ça qui plaît aux enfants, qui ne sont pas dupes, et qui sauront bien réfléchir à ce besoin de reconnaissance de Kurt, mais là, je n’ai pas éclaté de rire comme j’avais pu le faire pour les volumes précédents.


La joie de lire, oct. 2007, 108 pages, prix : 7,90 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : © Kim HiorthØy et éd. La Joie de Lire

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Le strip-tease de la femme invisible - Murielle Renault

25 Mars 2008, 10:07am

Publié par Laure

Mars, le mois des kilos à perdre avant le maillot, c’est pas moi qui le dis, mais la ronde des magazines féminins qui envahissent nos kiosques ?

 

strip-tease-de-la-femme-invisible.jpgMélanie Bertier a toujours été ronde, et en a souvent souffert. A 15 ans, élève timide et isolée, elle se laisse séduire par la fougue de Fanny, tout son contraire. Elles deviendront amies, de ces amitiés à la vie à la mort qui vous accompagnent une vie entière. Construit d’abord sur trois grandes parties, on suit Mélanie à 15 ans, à 25 ans, puis à 35, et après… tout s’accélère.

A 15 ans, Mélanie reprend donc un peu confiance en elle, grâce à quelques coups de ciseaux dans sa chevelure et dans ses fringues par sa copine Fanny. A 25 ans, il faut bien l’avouer, Mélanie n’a pas de petit ami. Va pour le site rondeDesRencontres.fr et les mensurations qui plaisent à ces messieurs-là : 1,58 m – 85 kg – 100 E. De rencontres en rencontres, l’amour se présente finalement sous les traits de Pascal. A 35 ans, pas de bébé, plus de règles, le corps a encore pris de la place et fait des siennes. C’est alors que Mélanie postule à une émission de télé-réalité : Relooking Extrême ! Je vous laisse lire l’engrenage aussi stupide que bien décrit : on s’y croirait ! du régime aux opérations de chirurgie plastique en passant par le sport, Mélanie gagne son challenge. Mais à quel prix ?

N’allez surtout pas lire les deux dernières lignes du roman avant d’y arriver, ça gâche pas mal de choses (ça m’est arrivé sans le vouloir, en le feuilletant pour retrouver ma page).

Un roman qui se lit tout seul par sa simplicité d’écriture (ça coule tout seul), sa critique bien vue de la télé-réalité (même si d’autres s’y sont déjà essayé, ça reste à lire), l’engrenage des diktats de la minceur… Je regrette juste une fin qui vient un peu trop vite…

 

Elles l’ont lu :

Ephémerveille, Clarabel, Gawou

 

Critiques presse sur le site de l’éditeur :

 

Ed. Le Dilettante, janv. 2008, 221 pages, prix : 17 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © Alice Charbin et éditions le Dilettante

 

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Dieu est une femme - Ariane Fornia

24 Mars 2008, 09:24am

Publié par Laure

dieu-est-une-femme.jpgAriane Fornia est la fille du député PS de la Drôme, Eric Besson (aujourd’hui secrétaire d’Etat dans le gouvernement Fillon) et de l’écrivain et enseignante Sophie Brunel. En 2003, entre fin de 3ème et début de classe de 2nde, elle se laisse aller à écrire ces quelques réflexions sur le monde qui l’entoure, soit, l’année de ses 14 ans, qui est aussi le sous-titre du livre. S’il a des airs d’autobiographie et qu’il est écrit souvent à la manière d’un journal intime, l’auteur s’en défend et le qualifie bien de roman. Ma BDP l’a classé en 305.23 [jeunes de 12 à 20 ans, étude relative à une personne], soit un document. Peu importe.

S’il est une chose certaine, c’est que la jeune auteure, si elle a un regard perçant sur sa qualité d’ado tapageuse au look pseudo gothique, a aussi un regard critique et lucide sur la société, la politique, l’économie, et même le couple. A 14 ans, oui. Ce n’est pas la modestie qui l’étreint car elle sait ce qu’elle veut, elle ne manque pas de confiance en soi, et adopte souvent un ton très provocant. On sourira aux scènes d’ennui quand elle accompagne son père aux diverses manifestations locales auxquelles il montre sa figure de député, on comprendra les réflexions d’une ado sur les cours au collège et le profil des enseignants, et on lui accordera d’être brillante sur certains points.

On pourra reprocher au livre un manque d’enchaînement logique, proposant davantage une suite de pensées juxtaposées, mais la forme proche du journal le pardonnera.

1er ouvrage paru en 2004, Ariane Fornia est aujourd’hui en khâgne, et a écrit deux autres livres, la Déliaison (avec sa mère) et Dernière morsure.

 

Denoël, mai 2004, 210 pages, prix : 15 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd Denoël

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Constance et les pirates - Pierre Le Gall et Eric Héliot

20 Mars 2008, 13:15pm

Publié par Laure

constance-et-les-pirates.jpgConstance et les pirates est le troisième volume des aventures de la petite Constance et de son chat Miniature, série fétiche de Mosquito, qui grandit au fil de ses parutions. 

Nous avions eu un vrai coup de cœur pour le premier, drôle, vif, décalé, moqueur. A l’époque, Mosquito ne savait pas lire, seulement son prénom qui est aussi celui de la couverture, et le nom du chat, Miniature, donc.

Le deuxième tome nous avait un tout petit peu déçues (Clarabel en parle ici), car le chat était peu présent dans l’album, normal puisque la fillette avait été expédiée en pension par ses parents, et ce que Mosquito aime par-dessus tout, c’est le couple infernal de Constance et de son Miniature.

Voici le tome 3, tout frais tout neuf, qui embarque notre Constance sur un bateau… de pirates ? Maintenant, Mosquito sait lire toute seule, depuis quelques semaines à peine, et ce volume-là, elle l’a lu toute seule, à voix haute, pour moi !

Constance doit rendre visite à son oncle qui est marin, ce qui l’ennuie profondément. Pendant la réunion de famille, elle échappe à la surveillance de ses parents, et embarque à bord d’un paquebot où elle va vivre mille aventures disons… farfelues.

Le principe est toujours le même : un texte qui nous dit quelque chose, et une illustration qui nous montre son contraire. Ainsi le bateau de pirates ressemble plutôt à un navire qui transporte des cargaisons de robots-jouets, mais que ne ferait-on pas avec l’imagination débordante d’une petite fille ? Et puis ils sont vraiment horribles ces pirates, la preuve : ils la ramènent à ses parents ! Le gros matou a toujours une bouille aussi expressive, la petite Constance est toujours aussi peste, bref, on a une tendresse particulière pour cette série !

 

Hachette Jeunesse, février 2008, non paginé, prix : 8,50 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : auteurs, éditeurs, et Amazon.fr

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Le bord de la rivière qui coule dans le ruisseau qui mouille quand ça pleut pas.

20 Mars 2008, 02:25am

Publié par Laure

 

(oui c’est un titre stupide mais les habitués comprendront)

 

Mon premier roman est paru il y a quelques semaines à peine. Sept exactement. Si vous saviez l’exaltation tremblante quand je suis allée à la Fnac de Tours le 7 novembre pour vérifier qu’il était bien en place. J’ai failli pleurer là, debout plantée au milieu du rayon littérature et embrasser le vendeur qui était plié en deux au-dessus de sa caisse grise pleine de bouquins à mettre à plat sur table.

Nan mais Ducon, on s’en fout du roman de Tartempion, c’est le mien qu’il faut qu’on voie, le mien seulement. Enfin, le mien surtout. Hop, ni vue ni connue, j’ai mis le premier de la pile des miens sur le haut de la pile d’à côté, un truc moche au titre incompréhensible.

 

En rentrant, j’ai donné double ration de croquettes au chat, tellement je ne savais plus ce que je faisais. Et champagne ! Même si j’étais déjà grise de ce rêve enfin réalisé. Le bonheur. Du bonheur en barre à l’état pur.

 

Depuis, tous les matins, je tape mon nom dans Yahoo et Google pour voir si… au cas où…

J’ai déjà trois super commentaires sur F***c.com : 10/10, époustouflant. 9/10, un premier roman très abouti. Et 10/10, excellent !

Bon, à vous je peux bien le dire maintenant, le premier c’est tante Georgette, elle se met à l’Internet avec le club des aînés, elle était ravie de me rendre service. Le deuxième, c’est ma petite sœur Caro. Merci soeurette, j’t’adore. Le troisième, c’est grand-père André. On l’a écrit pour lui parce qu’à son âge, vous pensez bien qu’il n’a pas d’ordinateur, et qu’il n’y songe même pas. On a même créé une nouvelle adresse email pour l’occasion. Pépé André sur Internet, sacré pépé va !

 

Le mois dernier Evelyne Delassarre a publié un article adorable dans le Bord de la Loire Libéré (à croire que c’est seulement le bord qui a été libéré). Le problème, c’est qu’il y a peu de gens qui lisent le Bord de la Loire Libéré. Et ceux qui le lisent ne décortiquent pas vraiment les pages culture. N’empêche que l’article d’Evelyne (oui, maintenant je l’appelle Evelyne tellement elle est gentille), je l’ai découpé, scanné, et envoyé aux copines par mail. Même qu’Anne-Sophie a fait sa chouineuse parce que ça remplissait sa boîte mails et qu’elle attendait des choses plus urgentes que ma gloire toute neuve. Des photos de son chéri sûrement, le bel Edouard. Ah les copines, sympas je vous jure ! Tiens, tu  veux que je te le dise, il devrait te quitter, Edouard !

 

Et puis ce matin, en allant sur www.lapagequidéchapitre.fr, j’ai vu. J’ai lu. L’horreur.

Une inconnue sortie de je ne sais où qui a eu le culot de trouver mon roman pas mal, mais bof quoi. Enfin je ne sais plus, j’ai failli balancer l’écran tellement elle m’a énervée. Merde, un écran plat 21’ à quatre cent cinquante euros ! Heureusement, je me suis retenue.

Nan mais qui c’est cette pétasse d’abord ? Pour qui elle se prend ? « Laure ». Ouais, ben c’est pas de l’or son commentaire ! Quelle conne ! Et pourquoi elle l’a acheté alors mon roman hein ? Vous pouvez me dire ? Et ça se prétend critique littéraire ? Je vais lui montrer ce que c’est moi, une vraie critique littéraire. Comment ça je ne suis pas critique littéraire non plus ? Mais on s’en fiche, c’est pas le problème ! En plus elle est conne comme ses pieds, elle a même laissé son adresse mail dans son profil, faut pas être futée quand même ! Elle aurait pu se la jouer secret life. Je vais me la faire celle-là, tu vas voir ! Non mais pour qui elle se prend cette nana ?

Voilà, je lui ai balancé un mail bien salé à cette bécasse, et je vous préviens, le premier qui dit encore un mot de travers sur mon roman alors que je ne lui ai rien demandé, c’est mon poing direct dans la gueule. Critique littéraire, c’est ça ouais ! Heureusement que Tante Georgette est venue à la rescousse, on va tous les dégommer ces abrutis qui pètent plus haut que leur … non là je deviens vraiment trop vulgaire, faut que je me calme.

 

Marie, mon éditrice, vient de m’appeler.

- Mais arrête, tu ne vas pas te laisser abattre par un petit commentaire de rien du tout, on s’en moque, qui la connaît d’abord, cette Laure ? Tu crois vraiment que c’est elle qui va influer sur tes ventes ? Te bile pas, un petit mail à Frédérique, et je t’obtiens un super papier dans l’Echo des Livres. Ça au moins, c’est du sérieux.

- Oui, mais tu vas encore devoir envoyer des SP, et la maison n’est pas bien riche…

- T’occupe ma puce, pour ton roman, faut ce qu’il faut, et je me battrai pour toi ! Et fais-moi plaisir, arrête de penser à cette Laure. Quand on mettra les cons sur orbite, elle a pas fini de tourner celle-là !

- Merci Marie, merci. Je vais demander à Natacha de mettre un commentaire positif sur lapagequidéchap… attends, ne quitte pas, on m’appelle sur mon portable. – quoi ?! Non ce n’est pas possible ! Vous vous trompez ! Où ça ? Mais pourquoi ? OK, j’arrive tout de suite. Oh mon Dieu.  – Ciao Marie, je t’expliquerai plus tard.

 

Cela fait trois heures que je tourne en rond dans la salle d’attente à attendre qu’un médecin vienne me parler. Je sors tous les quarts d’heure fumer une cigarette à peine sur le pas de la porte de peur de manquer le médecin. Mon fils a glissé à scooter sur la route mouillée, a percuté de plein fouet la voiture qui venait en face.

Quand je pense qu’il y a trois heures je me prenais encore le chou pour un commentaire désobligeant, je veux bien en vendre zéro exemplaire de mon roman, mais mon Dieu, faites que mon fils s’en sorte, c’est tout ce que je demande.

           

NB : comme tous les articles de la catégorie « fantaisies », ce texte est une fiction, et RIEN QU’UNE FICTION.

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Un mardi au Salon (du Livre de Paris, mars 2008)

19 Mars 2008, 15:56pm

Publié par Laure

  

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D’ordinaire je me « fais » les salons de Paris et de Montreuil les lundis, journées traditionnellement « consacrées » aux professionnels. Mais cette année j’y allais aussi en tant qu’invitée du Jury du Grand Prix des Lectrices de Elle, alors j’ai fait une entorse à la règle, va pour le mardi. C’était guère plus emballant qu’un lundi : peu d’auteurs, les conférences intéressantes avaient lieu d’autres jours, et les grands noms connus, déjà épuisés par leur week-end, ne débarquaient que pour la nocturne de 18 à 22h, pas compatible avec mes horaires de train de provinciale.
 

Le côté sympathique de la chose, c’est que c’était quasi désert, accès facile à peu près partout, quelques établissements scolaires en vadrouille, mais on a très bien cohabité.

 

J’ai craqué une première fois sur le stand de l’Olivier, pour le dernier roman de Karine Reysset, roman qu’on m’aurait sans doute prêté facilement par ailleurs (clin d’œil à quelqu’un en particulier), mais le billet que lui a consacré Amanda m’a tant conquise que ce livre, il me fallait l’acheter, juste pour moi.

[Je précise pour les novices qu’en tant que bibliothécaires de la fonction publique, loi des marchés et autres joyeusetés publiques ne nous permettent pas d’acheter directement pour le boulot, tout passe par la perception – on ne rigole pas avec vos impôts ! J’ai donc aussi passé ma journée à remplir un petit carnet de belles choses vues, pour des acquisitions purement professionnelles.]

  
achats adultes


Puis sur le stand des éditions du Québec, quelques poches depuis longtemps déjà dans mes listes.

 

Et un arrêt auprès d’un sympathique calligraphe pour mon petit Mosquito.

  
calligraphie


Puis cadeaux d’anniversaire pour les copines de la demoiselle et premières lectures pour cette grande qui maintenant lit toute seule, Mademoiselle Zazie était parfaite pour l’occasion.

 

achats jeunesse

L’après-midi étant consacré à la rencontre d’autres jurées du Prix Elle et quelques auteurs finalistes. De photos d’auteurs vous ne verrez pas, l’une d’entre elles m’ayant notamment fait part de son agacement profond à se retrouver sans son accord (et souvent à son insu) sur Internet et pas forcément sous son plus beau profil. Nous sommes suffisamment confrontés au droit à l’image dans nos métiers pour la moindre animation, que je comprends et respecte ce choix. D’ailleurs le magazine Elle a bien fait son job, nous faisant signer une autorisation pour diffusion des quelques prises sur son site Internet. Donc quelques échanges bien sympathiques et surtout… la rencontre avec Marie 
! (elle aussi jurée). Quand j’y repense, je me dis que j’ai dû la saouler tant j’ai été bavarde ! Mais j’ai été vraiment ravie de faire sa connaissance ! (et celle de Nicoletta aussi, qui n'a pas de blog, mais qui m'envoie régulièrement de très sympathiques mails !)

 

Et dans le TGV du soir, j’étais vannée ! Les pieds en compote et les épaules cassées d’avoir porté ces satanés bouquins et tout aussi lourds catalogues d’éditeurs. Je le dis à chaque salon : la prochaine fois je viens avec un cabas de marché à roulettes, ce truc qu’avait jadis ma grand-mère, mais on en trouve maintenant des fashion-flashy très rigolos, vert prairie avec des vaches dessus ! C’est l’accessoire INDISPENSABLE du Salon, moi j’vous l’dis ;-))

 
cabas-poule.jpg


(bon d'accord, les poules, ça marche aussi)

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Dérives - Michel-Yves Schmitt

16 Mars 2008, 06:16am

Publié par Laure

undefinedLuc assiste à une fête chez des amis, où il s’ennuie mortellement. De critique en critique il se fâche avec sa copine qui le quitte. Débute alors la solitude et le retour sur son parcours. Le décès de sa mère alors qu’il était aux Etats-Unis, la contradiction face à son père qu’il n’a jamais voulu suivre. Pas question d’écouter les conseils de papa pour avoir un bon poste bien payé mais sans intérêt, Luc veut être comédien. Après des années au cours Simon, il « parle » dans les supermarchés, à grands coups de « achetez ma super promo ».

Une BD intimiste et sensible sur l’égarement d’un jeune trentenaire, qui cherche sa voie sans savoir comment la trouver, qui croit que personne ne l’aime pour se protéger avant tout de lui-même ? Une autofiction colorée qui n’hésite pas à mettre des traits d’humour sur ce héros souvent désabusé, un dessin clair, simple et efficace. Ah qu’il est dur de grandir ! (Sauf qu’un jour, il faut bien…)

 

 

La boîte à bulles, coll. Champ Libre, oct. 2005, 111 pages, prix : 13,90 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © Michel-Yves Schmitt et éd. La boîte à bulles.

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Ker Violette - Karine Fougeray

13 Mars 2008, 06:42am

Publié par Laure

ker-violette.jpg

Certains cherchent leur chat, Clara, elle, cherche son cheval. C’est ainsi qu’elle débarque un beau matin dans un bistrot breton et réclame sans rougir un kir champagne, servi dans une bolée de cidre, s’il vous plait. Belle blonde de 36 ans qui n’a pas la langue dans sa poche, elle ne tarde pas à taper dans l’œil de Félix, marin-pêcheur-peintre de rascasses pour touristes.
A peine ouvertes ces belles violettes, c’est du pur miel que ce roman, du Gavalda dans son meilleur cru, celui d’Ensemble c’est tout qui vous emporte et vous accompagne en pensée toute la journée.
Mais la belle Clara malicieuse des premières pages est bien plus fragile qu’il n’y paraît. Même si l’on devine les blessures profondes, elles ne prennent forme qu’à la toute fin, se dévoilant peu à peu au travers d’une construction parfaitement maîtrisée. Un sublime roman choral où le « je » est multiple, offrant tantôt Clara, tantôt Félix (ah, la scène de la cassette d’Elmer Food Beat dans la voiture, un morceau d’anthologie !), Violette, Arno et tous les autres. L’Irlande et les chevaux, les fantômes du passé, la folie et la quête salvatrice. Comme dans toute relation vraie entre l’homme et l’animal, c’est l’animal souvent qui se fait rédempteur.
Un livre fort, très fort, avec une fin qui balaie tout sur son passage, de toute beauté. Avec ce premier roman et après les Galettes, Karine Fougeray démontre avec brio qu’elle est désormais passée dans la cour des grands !
 
Clarabel l'a lu aussi

 
Ed. Delphine Montalant, février 2008, 250 pages, prix : 18 €
Ma note : 4,5/5
Crédit photo couverture © Karine Fougeray et éd. Delphine Montalant.

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