Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Attention devant, gros coup de cœur !
Aperçu tout à fait par hasard sur une table de libraire, je ne pouvais pas faire autrement que d’acheter cet album tout trouvé pour mon petit Mosquito * !
On avait déjà les Rita et Machin chers à nos cœurs, il va falloir compter à présent avec les Constance et Miniature, même principe du couple infernal de la fillette et de son animal qui n’en font qu’à leur tête.
« Voici Constance… une petite fille douce et sage. Et son adorable chaton, Miniature. Vous allez adorer … les détester ! » C’est ce que vous annonce la 4ème de couverture. Maintenant ouvrez l’album et faites connaissance avec une vraie petite peste et son gros matou qui n’a rien du minet famélique. Imaginez un texte qui dit une chose, et une image qui vous montre son contraire : vous avez tout l’humour de cet album. Ainsi commence le récit de la demoiselle : « Je m’appelle Constance et je vis enfermée dans une sinistre demeure. » alors que vous admirez une somptueuse maison au jardin fleuri avec une piscine qui vous tend les bras. « A table, ils [ses parents] m’obligent à manger des choses répugnantes et qui puent » dit-elle devant le poulet frites que sert sa mère pendant que Miniature se remplit la panse de saucisson ! Bref c’en est trop, elle va fuir cette prison avec son minet sous le bras, mais sa fugue ne va pas durer bien longtemps, ses parents ayant lancé des brigands (à képi) à ses trousses.
Un dessin dépouillé, sobre et efficace (du noir, du gris-beige, du rouge) et un texte court imprimé gros : parfait pour les lecteurs débutants, ou les lectures complices partagées avec un parent. On ne peut éviter de faire le rapprochement avec la série de JP Arrou-Vignod et Olivier Tallec, Rita et Machin, faut-il penser à une concurrence d’éditeur ou simple hasard ? Peu importe, Mosquito aime beaucoup, ne serait-ce que parce qu’elle lit avec bonheur son prénom sur la couverture du livre, et que cette petite fille et son chat, vilenies mises à part, c’est tout elle ! Et comme il est clairement indiqué tome 1 sur le dos de l’album, préparons-nous à d’autres aventures !
* les fidèles n’auront pas oublié que le prénom de Mosquito est bien sûr Constance.
Commentaires