Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Ce livre est un recueil de deux nouvelles écrites en 1989 mais traduites et publiées en France pour la première fois en 1993, à l’occasion de la
sortie d’un nouveau roman de l’auteur, le musée du silence.
Dans une parfaite chambre de malade, un jeune homme de 21 ans se meurt d’un cancer à l’hôpital. Sa sœur
accompagne ce départ, fascinée par la blancheur et la propreté impeccable de la chambre. Une pureté obsessionnelle, sans doute en réaction au souvenir de sa mère morte dans la folie et qui
laissait pourrir de la nourriture un peu partout. En parallèle, la jeune femme cherche un peu de réconfort auprès d’un médecin de l’hôpital, au travers d’une relation qu’elle veut pure (mais
ambiguë tout de même), qui lui permet simplement de pleurer.
Dans la seconde nouvelle, la désagrégation du papillon, une jeune femme est obligée de placer en maison
médicalisée sa grand-mère qui souffre de démence sénile et qui a perdu toute autonomie. Commence alors pour elle une longue réflexion et une plongée intérieure sur la normalité. Métaphorique,
notamment par l’histoire du papillon, j’ai eu un peu de mal à apprécier cette nouvelle.
Si habituellement j’aime beaucoup l’écriture d’Ogawa, ces deux nouvelles ne comptent pas pour moi dans ses meilleurs textes. L’atmosphère et le récit y
sont moins étranges ou angoissants, et je ne sais pas l’expliquer, mais j’ai moins aimé !
Actes Sud, août 2003, 154 pages, prix : 15 € - Existe en Babel Poche à 6 €
Ma note : 3/5
Crédit photo couverture : éd. Actes Sud et Amazon.fr
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