Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
« Je m’appelle Léa. J’ai trente-six ans. Je suis assise sur une chaise et j’attends.
J’ai peur.
Je suis là pour mon enfant, Théo. Il a quatre ans. Il est mort.
Ils disent que je l’ai tué. Ils disent qu’ils vont réfléchir. […] »
Telles sont les premières lignes de ce roman de Laurence Tardieu. Léa attend dans une petite pièce étroite, en compagnie d’un gardien, que le verdict des jurés
soit rendu. Elle est tétanisée, les larmes de coulent pas. Peu à peu, elle va raconter par saccades son passé, son enfance perdue et l’homme de passage qui est le père de Théo. Le gardien
l’écoute et l’encourage, à ½ heure du verdict, même si ça ne changera plus rien, au moins on comprend, on l’écoute, elle se libère. Tendu, dramatique, on pense un peu à l’écriture de Véronique
Olmi en lisant Laurence Tardieu. Tous les commentaires que j’ai pu lire sur le net partent du postulat que Léa est coupable. Pour ma part, ai-je mal lu ou mal compris le roman ?, je lui accorde
le bénéfice du doute (infanticide ou accident ?) Tout le roman tend vers l’explication du drame, la raison du décès de l’enfant. Comme Clarabel, je trouve que le dénouement est un peu trop rapide, pas assez clair,
j’aurais préféré avoir plus de certitudes, d’explications, sur le final avec le père de Léa, entre autres. Un très beau texte néanmoins, très fort, très dur. A relire.
L'avis d'Ephémerveille
Points n°1722, juin 2007, 106 pages, prix : 5,50 €
Ma note : 4,5/5
Crédit photo
couverture : éd. Points et ©Marc Atkins / Panoptika.net
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