Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Traduit de l’anglais par Philippe Bonnet et Arthur Greenspan
Je ne ferai pas de résumé, car à ce sujet
la quatrième de couverture est parfaite, et avouons-le, plutôt engageante (en même temps, c’est son rôle !). La voici, donc :
« Traumatisée par un viol récent, Carol Jordan dirige une nouvelle brigade d'élite où chacun, la sachant fragilisée, met en doute ses capacités. Sa première enquête la conduit à traquer un violeur particulièrement pervers, pour qui rien n'est plus exquis que la souffrance des autres... L'aide de Tony Hill, psychologue profileur, lui sera indispensable pour démêler une intrigue qui repose sur la manipulation mentale ».
Mais la quatrième de couv disait aussi : « La reine incontestée du thriller psychologique joue avec nos nerfs dans un suspense démoniaque ». Et c’est là où je serai un peu plus tempérée.
Une enquête principale doublée d’une enquête secondaire, une chef flic au passé professionnel intimement douloureux et un psy profileur, l’auteur mène de main de maître avec la souffrance des autres une enquête propre, nette, carrée, bien ficelée. Dans le domaine du thriller psychologique, plus rien, hélas, ne surprend, les crimes sexuels les plus atroces sont devenus monnaie courante, ce n’est donc pas cela que je relèverai.
Je m’interroge davantage sur la nécessité d’avoir mêlé deux enquêtes, dont la seconde sur les meurtres pédophiles, paraît au final purement secondaire et inutile. L’alternance des paragraphes jouent toutefois [un peu] avec nos nerfs, c’est l’habituel ressort du thriller, puisque dès qu’un élément intéressant se profile, hop, on passe à autre chose, pour y revenir plus loin, histoire de bien nous garder jusqu’au bout. Toutefois dans ce roman, le procédé n’est réellement efficace que sur les 80 dernières pages où le rythme enfin s’accélère, les 300 premières m’ayant semblé bien plus longues, trop délayées, et manquant de rebondissements. Bref, pas si haletant… Prenant, mais qu’on peut lâcher chaque soir après quelques pages, sauf sur la fin.
Lu fin octobre dans le cadre du Grand Prix des lectrices de Elle 2008.
Editions du masque, mars 2007, 382 pages, prix : 19,90 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. du Masque et evene.fr
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