Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
C’est un plaisir inattendu qui
m’a saisie
à la lecture de ce
récit, que pour ma part
(si ce n’était
autobiographique) je qualifierais volontiers de roman, tant la langue y est agréable,
précise, élégante et
ciselée. A sa libération, après 3 ans de détention au Liban, Jean-Paul Kauffmann
s’achète une maison de campagne dans les Landes.
Un ancien bordel de la Wehrmacht sous l’Occupation. Une maison qui nécessite des travaux, dont on suit
l’évolution par le
regard de Kauffmann sur ses deux ouvriers surnommés Castor et Pollux. Ce qui fait le bonheur
de ce livre, c’est son
avant tout son écriture.
Kauffmann sait écrire,
et s’il revient parfois
pudiquement sur sa captivité, il est ici surtout question de retour à la vie, de redécouverte de la nature, du vent et de la
liberté. Un bon vin,
Haydn et un recueil de Virgile, l’auteur dit souvent et avec bonheur son amour de la littérature et de la musique. On
perçoit
l’homme
cultivé, qui pourtant ne
cherche aucunement à « faire savant », tout au contraire,
c’est une reconstruction
des sens qui passe par la simplicité, celle des odeurs, des couleurs, des bruits… Une belle surprise que cette maison du retour (écrite près de 20 ans « après »).
Lu fin octobre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection "documents" du mois de novembre.
Les avis de : cathe, cathulu, Incoldblog, Philippe
Nil éditions, fév. 2007, 295 pages, prix : 19 €
Ma note : 15/20
Crédit photo couverture : éd. Nil et Amazon.fr
La maison du retour
Drôle de livre, certainement pas un roman, ni une autobiographie, quelque chose entre les 2. Si l’on s’en souvient, JP Kaufmann a fait le une de la télé pendant plus d’un an : on comptait les jours durant lesquels ce grand reporter était otage au Liban. Otage, donc privé de mouvement, de plein air, de famille, de lecture, de pensée, de liberté tout court, et peut-être le pire privé d’avenir. Dans ce livre il redécouvre ce qu’est un projet et fait sa convalescence. Il a une écriture originale, celle du journaliste qui s’essaie au livre, avec beaucoup de beauté, mais aussi des longueurs et des langueurs (genre d’effet de style qu’il aurait pu faire) , un sens pointu de l’observation des gens, des choses, un regard amusé sur lui-même. Donc tout ça ne fait pas un chef d’œuvre, mais un bel ouvrage, agréable à lire, dans la série des livres sur les maisons -avec un morceau sur la vie des livres dans une maison, quelques lignes mais qui valent le détour-.