Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Voici un roman qui plaira à toutes les adolescentes de plus de 13-14 ans, qu’elles soient amoureuses… ou pas !
Solveig, 16 ans, vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Elle n’a jamais compris l’intérêt de tenir un journal intime, cette mièvrerie sirupeuse pour fillettes qui pleurnichent dans leur « cher journal », jusqu’à ce que… Solveig rencontre « Le Monde », charmant jeune homme qui rend visite régulièrement à son grand-père juste en face de chez elle.
Commence alors le « cher écran » *, car oui, Solveig vit avec son époque, elle tapote directement sur son clavier d’ordinateur. Et puis Solveig est une adolescente comme les autres, et les relations avec sa meilleure amie Manon, dite la Ni, ne sont pas toujours du goût de leurs parents, surtout quand elles sèchent les cours ou rentrent ivres mortes. De même Solveig n’est pas près d’accepter qu’une des nombreuses conquêtes de son père (d’où « la fille du papillon ») vienne remplacer sa mère. D’ailleurs, cette place N’EST PAS remplaçable.
Et que c’est compliqué la distance quand on habite Reims et que votre amoureux habite Châlons, que c’est pénible quand votre père vous prive de sortie alors que vous ne rêvez que d’une chose : un baiser du « Monde »… Et la première fois ? C’est tout aussi tentant qu’effrayant, non ?
Un joli roman vif et frais, romantique et réaliste, sentimental et violent, un vrai joli reflet de l’adolescence amoureuse d’aujourd’hui. A lire sans
hésiter !
* Solveig ne dit jamais « cher écran » mais je fais volontairement des allusions aux ouvrages de Philippe
Lejeune.
Lu aussi par Elfe.
Ed. Sarbacane, coll. Exprim’, sept. 2006, 217 pages, prix : 9 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : ©Image source Limited, éd. sarbacane et Amazon.fr
Car même à 31 ans, c'est comme si on avait aussi une âme d'ado de 13-14 ans, nan ?? ;o)