Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Emilie est trop jeune et trop seule pour être maman, elle décide alors d’accoucher sous X et d’abandonner sa petite fille Léa, juste avant de commencer une nouvelle vie en suivant une formation aux soins à la thalasso de St Malo. Judith, elle, est une mère plus mure, abîmée par la vie aussi, puisque toutes ses précédentes grossesses se sont terminées par une mort fœtale. Alors quand naît à terme enfin et hélas décède son petit garçon, c’est le basculement dans la folie éperdue. Voici pour le début du roman. Une mère qui perd son bébé, une autre qui ne veut pas du sien, un rapt d’enfant… ça ressemble presque trop à la réalité des informations télévisées.
Ces mères vont bien sûr continuer de s’entrecroiser, dans la reconstruction pour l’une, dans la dépression dramatique d’une quête impossible pour l’autre, et ce serait presque le banal d’un roman sans surprise (finalement, tout se déroule un peu comme dans un conte de fées) si ce n’était l’écriture souple, précise et juste de Karine Reysset.
C’est un livre qu’on lit d’une traite ou presque, et j’hésite encore entre le banal et le sublime. Simple, mais efficace. Magie des
mots qui ne laissent pas indifférente une femme quand l’amour maternel est si bien décrit, drames de la vie qu’hélas bien souvent nous connaissons d’un peu trop près.
Il y a du Karine Fougeray dans ce roman (la maternité, St Malo), il y a du Véronique Olmi aussi (bord de mer), de belles références féminines sur la souffrance des
mères.
Il manque un quelque chose pour me faire crier au chef-d’œuvre, c’est un beau roman, simplement.
Annoncé par Tatiana, c'est la très belle critique d'Amanda qui m'a convaincue
d'acheter ce livre.
L'avis aussi de : Cathulu
Ed. de l’Olivier, mars 2008, 178 pages, prix : 18 €
Ma note : 4/5
Crédit photo couverture : d’après © Johner Images Veer et éd. de l’Olivier
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