Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Parce qu’un soir d’hiver son père lui lance cette boutade « de toute façon, toi, tu es le fils de l’homme invisible », le petit François Berléand, 11 ans, va gâcher près de 8 ans de sa vie. Enfant rêveur et imaginatif, il prend cette remarque alcoolisée (le père aime la Vodka !) au premier degré et croit réellement qu’il est le fils de son héros qui passe à la télé, et que son père ne serait donc qu’un second père.
Là où le lecteur croit attendre une histoire d’adultère et de fils naturel, l’auteur offre en réalité les souvenirs de son enfance et cette angoisse qui l’a dévorée pendant toute l’adolescence.
On sourit aux passages où le petit François teste son invisibilité, on se demande parfois comment une telle naïveté est possible, on s’irrite de voir comment des professions qui voulaient bien faire (psys, prises en charge scolaires particulières) ne font qu’aggraver les choses ; jusqu’à la libération finale où l’auteur pourra enfin vivre normalement.
Drôle, pudique, touchant, sensible, sont des qualificatifs que j’ai pu lire ici ou là…oui… et après ? Ecrit dans un langage simple et sans prétention, ce petit livre se lit tout seul, mais pour ma part, je n’en vois pas trop l’intérêt. François Berléand est un acteur que j’apprécie, mais cette autobiographie (romancée ?) ne m’a pas particulièrement touchée. Elle m’aurait même plutôt inquiétée sur une telle personnalité enfantine qui confond aussi loin ses rêves et la réalité. L’inquiétude est ravageuse, mais quand même…
Un livre lu
dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2008.
Ils l’ont lu : In cold blog, Thom, Cuné, ... j’en oublie sans doute, n’hésitez pas à vous signaler !
Le livre de poche n°30986, avril 2008, 214 pages, prix : 6 €
Ma note : 3/5
Crédit photo couverture : Atelier Didier Thimonier © DR.