Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Cécile, jeune veuve d’une trentaine d’années, prend le métro quotidiennement
pour aller travailler. Un soir, elle sent la caresse d’un doigt sur son sein, alors que debout dans la foule des passagers, elle se tient à la barre verticale. Elle se surprend elle-même à
trouver la sensation agréable. Commence alors une quête journalière d’une petite dose de plaisir, où tous ses sens sont en éveil et quémandeurs de la caresse ou du baiser généreusement donnés par
un inconnu. Chaque jour ou presque, il est là, lui glisse un petit mot pour lui donner une consigne pour le lendemain, comme être nue sous son chemisier de soie par exemple. L’attente du trajet
du soir devient l’objectif de sa journée.
Un maître amoureux très particulier, qui a focalisé toute son attention sur les seins féminins, et qui s’impose un jeu très contrôlé : mener la femme au plaisir sans pourtant jamais la pénétrer.
Un roman léger et sensuel, où les effleurements vont crescendo vers le plaisir, pour une envolée des sens de la jeune Cécile. Si le début du roman est charmant, ça s’essouffle un tout petit peu vers les 2/3, un brin répétitif. Mais le maître particulier forme un nouvel élève à sa plaisante méthode… D’un érotisme léger, ce petit roman éveillera-t-il vos sens au fantasme de l’inconnu dans le métro ? (facile pour moi de dire cela, hi hi, je vis en rase campagne, et suis obligée de circuler en voiture J)
L’avis de Clarabel (que je remercie pour le prêt !) : ici
Cet extrait p. 79 : « Elle se rendait compte à quel point c’était la situation, et non l’inconnu, qui la séduisait. Leur jeu inavoué, la façon dont il se manifestait toujours par surprise comme s’il savait d’avance qu’elle ne se déroberait pas, le fait qu’aucune parole n’ait jamais été prononcée. Ce mélange d’indécence avec laquelle il lui caressait les seins aux yeux de tous, et d’extrême discrétion qui lui laissait le choix de ne pas être vue. La suavité de ses frôlements qui déclenchait le désir. L’évidence qu’il saurait attendre que son plaisir s’épanouisse, sans jamais manifester d’impatience, sans réclamer autre chose d’elle qu’un unique et véritable abandon quelques instants entre ses mains. La certitude enfin, et ce détail lui sembla le plus important, de voir s’installer entre eux des préliminaires qui n’en finiraient pas puisqu’à aucun moment elle n’envisageait de donner une suite plus intime à ces rencontres fortuites… »
Buchet-Chastel, février 2008, 226 pages, prix : 14,50 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : © DR, © RATP
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