Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Combien de fois je t’aime est un recueil de nouvelles sur l’amour et le désir, qui s’ils se conjuguent aujourd’hui avec Internet et des textos sur des mobiles, n’en
demeurent pas moins éternels, entre frémissements, ironie et désillusions. Certains textes abordent aussi le couple, le divorce, la maladie, l’enfant qui n’a pas été. Ce qui m’a frappée dans ce
recueil, c’est la justesse de ton, la
lucidité de celui qui raconte, la profonde solitude malgré des carnets d’adresse archi-pleins. Il y a
comme une magie dans l’écriture, un brin mélancolique, où non seulement l’on se dit que c’est exactement cela, mais en plus, c’est
beau. Le bon mot à la bonne place, toujours avec humanité. C’est juste. Et c’est juste parfait.
Flammarion, mars 2008, 211 pages, prix : 18 €
Ma note : 4,5/5
Crédit photo couverture : © Virginie Berthemet et éditions Flammarion
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