Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Le 13 avril, je vous photographiais le joyeux bazar de ma table de chevet : dessus, dessous, à côté, partout des bouquins. Les blogueuses perspicaces y ont repéré un pavé que j’ai commencé ce jour là. Un mois plus tard, je décide de l’abandonner et de le rendre à sa chère étagère de bibliothèque publique où une main plus chaleureuse et plus patiente que la mienne le chérira peut-être.
Modesta, l’héroïne de ce roman, née le 1er janvier 1900 (pour la facilité du calcul), porte bien mal son prénom, car elle est tout, sauf modeste. Ambitieuse, prétentieuse, elle est prête à tout pour avancer dans la vie, y compris à tuer quelques personnes encombrantes au passage. J’ai bien aimé les 300 premières pages de ce roman (qui en compte 636) : une véritable saga comme on n’en fait plus, dans la Sicile du début du 20ème siècle, avec des personnages hauts en couleurs et des rebondissements qui se succèdent très vite. Puis j’ai peiné jusqu’à la page 450 : c’est devenu long, lent et ennuyeux. L’écriture devient tout à coup théâtrale, sous forme de dialogues avec nom du personnage en début de ligne : un peu rebutant. J’ai survolé rapidement les 100 pages suivantes et ignoré carrément les 50 dernières pages : non vraiment, ce roman pourtant si loué par les critiques et que son auteur a mis 10 années à écrire (1967-1976) me tombe des mains. Dommage car le début était excellent.
Goliarda Sapienza est morte en 1996, quelques mois avant la parution de son roman en Italie.
Voir le très bon article de Romaric Sangars sur Chronic’art. com et le dossier consacré par la librairie comme un roman.
Viviane Hamy, sept.2005, 636 pages, ISBN 2-87858-215-2, prix : 24 €
Ma note : 3/5
Vite, allez-y voir ici, pour avoir un autre avis :
http://blogs.arte-tv.com/karinefougeray/?2006/03/05/14-un-livre-dans-le-ventre-de-la-baleine.
Et oui, Laure, quand j'aime un livre, je ne peux m'empêcher de le défendre contre vents et marées !
Cette femme n'est pas prétentieuse elle est LIBRE. Ce n'est pas la même chose.
ps : bon, un petit bémol, je te rejoins sur les 500 1ères pages, elles sont les meilleures du livre
oui, prétentieuse n'était sans doute pas le bon mot, mais elle y va fort quand même la Modesta, toujours sûre de tout, pas de place pour le doute ou la faiblesse !
ce livre m'a été conseillé par une lectrice qui avait trouvé l'écriture subliiime. L'écriture ne m'a pas interpelée du tout. L'histoire oui, mais il aurait fallu couper dans tout cela.
Bon, les goûts et les couleurs, hein...