Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Peu importe est à la fois agaçant et dérangeant. Agaçant parce qu’il décrit un milieu superficiel de la haute société anglaise, où tout n’est qu’apparences et fausses relations mondaines, petit monde qu’on a fortement envie de secouer, ou ignorer s’il n’y avait cette dureté dans l’histoire. Le récit se déroule sur une journée et s’évertue à présenter des couples qui se retrouveront le soir même à dîner, mettant bien en évidence leurs côtés négatifs et leur snobisme. Dérangeant parce que le pire s’y produit : l’épouse est violée par son mari et de cette violence dans l’escalier naît un petit garçon : Patrick. Il a 5 ans lorsque se déroule ce récit. Sa mère est devenue alcoolique et ne se préoccupe guère de lui, son père veut l’élever comme il l’a été lui-même : dans la sévérité la plus rigoureuse afin d’en faire un enfant aguerri et non un pleurnichard. Mais quand la scène de fessée donnée par le père devient une scène proprement pédophile avec viol, la lectrice que je suis a du mal à garder son sang froid. La pire des horreurs se trouve étouffée dans le tralala mondain. Comme si elle n’était qu’un infime détail dans le roman. Patrick n’est une toute petite vie qui importe peu.
J’ai trouvé peu d’info sur le net concernant ce livre, sinon qu’il est le premier volume d’une trilogie (c’est d’ailleurs écrit sur la 4ème de couv, tout comme le fait qu’il s’agissait à l’époque – 1994 – d’un premier roman salué par la critique) et qu’il serait autobiographique. (?)
Je lirai la suite quand j’aurai fait baisser un peu ma pile en attente…
Balland, 1994, 171 pages, ISBN 2-7258-1035-0
Ma note : 3,5/5
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