Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Je ne partagerai pas l’enthousiasme des critiques professionnels ni celui de notre référente Clarabel sur ce court roman. (C’est écrit roman sur la couverture et nouvelle sur la page de titre : à vous de choisir !). C’est sans doute la brièveté qui a fait que je suis allée jusqu’au bout, d’ailleurs. Christine joue au bowling, elle est mariée avec Joel. C’est en croisant un type dans la rue sans se souvenir de son nom que l’histoire démarre. Retour sur le passé de Chris. Elle détient le record du baisodrome : 197 hommes en un temps déterminé, une nuit sans doute. Jusqu’au jour où son record est battu par une prostituée. La voilà déstabilisée, à nous raconter les détails sordides des sacs de glace entre les cuisses pour pouvoir marcher le lendemain. Bien sûr il y a un passé à tout cela, mais ô combien attendu : l’absence du père, le viol à 11ans, les amants qui défilent, rien que du banal dans la littérature qui tente d’expliquer ce comportement. Le style est oral, long monologue parlé de Chris. Et l’oreille attentive du mari, qui épaule sans réagir outre mesure. Et l’inaptitude de Chris à trouver le bonheur dans sa vie de couple pourtant stable et heureuse en apparence. Et le sport omniprésent, le bowling et aussi le base-ball. La métaphore sportive ne m’interpelle pas, comme l’interprète l’auteur d’un article du site « rien que des mots ». Donc sur cette lecture, bof bof pour moi. Provocateur mais qui sent le réchauffé pour le reste.
Phébus, mai 2005, 114 pages, ISBN 2-7259-0094-5, prix : 12 €
Traduit de l’américain par Evelyne Gauthier.
Ma note : 2/5