Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Ce roman de Valérie Zenatti est un roman pour la jeunesse publié dans une collection dite « pour ados » (medium de l’Ecole des Loisirs), parce que les thèmes sont proches des préoccupations des ados. Mais il a un gros quelque chose en plus : c’est un roman intelligent !
Tal Levine a 17 ans et vit à Jérusalem. Elle ne s’habituera jamais aux attentats qui secouent son pays. Et si elle jetait une bouteille à la mer, un message d’espoir pour correspondre avec une jeune palestinienne « ennemie », parce que la politique internationale n’a pas à gérer sa vie et ses sentiments de jeune adulte, parce qu’elle est avant tout un être humain comme les autres ? Elle trouvera une réponse à son message, en la personne d’un jeune palestinien. Le roman est essentiellement composé des échanges d’e-mails entre « Gazaman » et « Bakbouk », d’abord agressifs, puis plus ouverts à la sensibilité quand le jeune homme laissera tomber peu à peu sa résistance. La psychologie des personnages est très bien vue, tant du point de vue de l’adolescence, que de leur quotidien. La fin est courageuse, car elle tranche, avec une note d’espoir sans être complètement guimauve.
Mais le réel « plus » de ce roman, c’est ce qu’il nous apprend. Ce quotidien du conflit israélo-palestinien, qui ne nous parvient qu’à travers le prisme de l’actualité, et qui nous est donné ici à travers la réalité de deux jeunes qui le vivent.
Des romans comme ça, j’en redemande !
Ecole des Loisirs, coll. Medium, oct.2005, 166 p. ISBN 2-211-07275-5, prix : 9,50€
Ma note : 4,5/5
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