Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Encore un livre de Poulin pour les amoureux des livres. C’est vrai que l’on retrouve les mêmes thèmes et les mêmes personnages dans ses romans : l’écrivain Jack, et la passion du personnage principal, ici le Chauffeur du Bibliobus, pour les livres, la littérature américaine (Hemingway, Carver) et québécoise (Gabrielle Roy, Anne Hébert) et les chats. Pourtant j’ai moins accroché qu’avec les yeux bleus de Mistassini.
Le chauffeur du bibliobus part faire sa tournée d’été. Il va desservir avec son camion aménagé tous les coins retirés entre Québec et la Côte-Nord. Un vaste territoire. C’est ce qui m’a un peu perdue dans ce livre, car il y a beaucoup de descriptions de voyage, de paysages, de noms cités, que je ne situais pas du tout. Le chauffeur est un homme d’âge mûr, un peu usé par la vie. Sa tournée d’été sera la dernière. Mais il fait la connaissance de Marie, une Française qui accompagne une fanfare et qui va faire le même parcours que lui. Ils deviendront intimes peu à peu, et elle lui redonnera goût à la vie, et l’envie de faire une tournée d’automne. C’est un nouveau roman intimiste d’une grande douceur mais aussi très mélancolique.
Sinon tout ce qui a trait aux livres fait rêver : c’est un bibliothécaire amoureux de ses livres, mais il les donne volontiers, ça fait bien longtemps qu’il a renoncé aux fiches de prêt. Les gens empruntent ce qu’ils veulent, peuvent à leur tour les prêter à d’autres, et normalement, ils doivent les renvoyer par courrier au Ministère. Ou les rapporter à la prochaine tournée. Normalement, car le chauffeur, ça lui est bien égal que les livres reviennent ou pas. Un livre qui ne revient pas, c’est un livre qui est aimé, et c’est le plus important pour lui.
Un roman de Poulin découvert grâce à la très belle critique de Cathe, mais qui m’a nettement moins enthousiasmée que le précédent, de par mon ignorance de la géographie du pays, de par l'histoire d'amour trop lente et trop timide, même si l’expression de l’amour littéraire me charme.
Léméac, déc. 1993, 207 p. ISBN 2-7609-3155-2
Existe aussi en Babel / Actes Sud, prix 6,50 €
(Littérature québécoise)
Ma note : 3/5
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