Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Ne revenons pas sur le rapport texte / espace dans la page, ni sur les 136 pages lues en 1h30 pour 14,50 € - quand même. Cela a été dit et redit. Alors Nothomb 2006, bon cru ou mauvais cru ? Je dirais que ses histoires sont de plus en plus éloignées de mon monde, souvent proches de l’absurde, en tout cas pas réalistes, et ça j’aime pas. Non pas que ce journal d’Hirondelle soit mauvais, mais il est loin de moi, il me semble inachevé, malgré une fin « fermée », elle arrive de façon trop rapide. Ceci dit toute la deuxième moitié du roman, lorsque le comportement du héros (qui s’est choisi Urbain pour prénom) change ne m’a pas intéressée. Je suis allée au bout parce que c’est vite lu. Mais bof, moyen, quoi. Et puis cette version 2006, je la trouve limite vulgaire. En effet, Urbain, après avoir perdu toutes sensations, devient tueur à gages. Il fait suivre chaque meurtre d’une « séquence onaniste » (je cite). Cette jouissance déplacée (et répétitivement décrite) et cette pub non stop (une page sur deux) pour les CD de Radiohead m’ont agacée.
Amélie me lasse. Pourtant je la lis. Espérant chaque année trouver une petite pépite. En vain ces dernières années. Mais je l’emprunte à la bibliothèque. Pas question de risquer 15 € pour 136 pages vite oubliées. Et puis Albin Michel a certainement les moyens de se payer des correcteurs, alors les coquilles sur 130 pages, ça suffit. Chaque année je les souligne, ça ne change jamais. Dans celui-ci encore une phrase où il manque un mot, une relative sans son pronom. Ça fait désordre.
L'avis plus conciliant d'Anne : ici
Albin Michel, août 2006, 136 p. ISBN 2-226-17335-8, prix : 14,50 €
Ma note : 2/5
Moi aussi Nothomb me lasse: j'ai lu Acide sulfurique qui m'a terriblement déçue; je ne dépenserai donc pas d'argent pour cleui-ci et ne le lirai même sans doute pas.
C'est un peu facile de bâcler un roman par an qui doit impérativement en septembre...
C'est vrai Anne, excuse-moi, ton avis est bien plus enthousiaste que conciliant !
En réalité je crois que le personnage (ce que l'auteur donne à voir d'elle lorsqu'elle passe à la télé etc.) a dépassé ses romans. Elle agace et du coup on ne lui pardonne pas. A priori négatif sur la lecture. Si les Français se mettaient aux agents littéraires, peut-être retravailleraient-ils tout ce côté "un Nothomb par an, fin août, juste avant la rentrée", et on le descend parce que justement, cette régularité-là est celle d'une machine, pas d'un être humain avec des émotions. Tout est à mon humble avis question de stratégie. Amélie Nothomb dit-elle même qu'elle écrit bien plus qu'un roman par an, qu'elle en a des dizaines dans ses tiroirs, mais qu'elle choisit de n'en publier qu'un par an, et que le choix de celui à publier est cruel. Ben voilà, puisqu'elle est prolixe, pourquoi n'en publierait-elle pas 2 ou 3 dans l'année, juste une fois, comme ça pour voir ? Mais c'est le boulot d'Albin Michel ça non ?
Moi aussi je me laisse prendre chaque année par le nouveau Nothomb, et cela fait plusieurs fois que je me dis qu'on ne m'y reprendra plus...
Ce bouquin est en dehors de toute pensée, de tout critère. Comme d'habitude, je l'ai trouvé assez bien écrit mais on se demande ce qu'elle cherche à travers son écriture...