Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
En janvier 1990, une petite fille de 8 ans, Clara, disparaît sur le chemin du retour de l’école. Ses parents, Vincent et Geneviève, sont effondrés, bien sûr. Le temps passe et l’on ne retrouvera pas l’enfant. A chacun sa façon de réagir, de se replier sur soi ou d’avoir besoin d’écrire pour survivre, le couple s’éloigne et se sépare. Quinze ans plus tard, Vincent reçoit une courte lettre de Geneviève. Malade, elle l’appelle à son chevet pour lui parler une dernière fois. Aussi longtemps que dure le trajet en voiture, Vincent se bat contre ses souvenirs qu’il ne veut pas faire ressurgir, et puis dans la maison de la femme qu’il a aimée, ils se retrouvent, parlent de leur fillette à jamais perdue.
D’une grande tristesse certes, ce roman est pourtant d’une grande douceur, d’une grande pureté, d’une grande beauté. Des phrases simples qui composent comme une délicate mélodie apaisante, un dernier souffle d’amour avant la mort. Chacun réussit à trouver la paix dans ces derniers moments. C’est beau, tout simplement.
Stock, août 2006, 127 p., ISBN 2-234-05927-5, prix : 13 €
Ma note : 4,5/5
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