Des livres, et plus encore…
Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.
Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.
Bienvenue à vous,
Prix du Premier Roman 2006
D’abord, la genèse de ma lecture : j’avais sélectionné ce livre dès le mois de juillet pour mes achats de rentrée littéraire, tant les critiques le sortaient du lot. Mais comme à chaque vague d’achats, je m’empresse de les mettre à disposition des lecteurs, et ne les lis souvent que bien plus tard ! (Littell ayant 4 ou 5 réservations, je ne suis pas près de mettre la main dessus). Mercredi dernier, une bénévole rapporte ce livre et nous fait part de son désarroi : elle a été complètement déstabilisée, n’a pas compris où l’auteur voulait en venir, s’est perdue dans le mélange des temps – les retours en arrière, les anticipations – et semble très déçue par sa lecture. Déçue mais curieuse : en tout cas elle nous en parle avec tant de questionnement que l’on a immédiatement envie de le lire, tout en admettant que son résumé ne fait pas envie ! (bon j’sais pas si vous suivez !). Du coup, bien que croulant déjà sous les piles, je l’embarque chez moi.
Qu’en est-il de ce corpus Christine ? L’auteur, sous pseudo masculin, est une toute jeune et jolie femme de 25 ans, et il s’agit-là de son premier roman. Le narrateur est un homme, marié, qui se trouve séquestré par sa femme, et vit allongé par terre, et il ne peut se déplacer qu’en rampant. Quelle haine peut bien habiter sa femme pour qu’elle le laisse croupir ainsi sans le nourrir ? Car plus elle devient obèse, plus elle affame son mari. Pourquoi ? J’avoue que le premier tiers du roman est excellent, j’ai beaucoup aimé cette histoire intrigante et dérangeante, hors du commun, espérant trouver au fil des pages des réponses à toutes les questions soulevées. Puis vers le milieu du livre, on s’enlise dans un récit ennuyeux et répétitif. Qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire. Long et répétitif. La fin à nouveau est très bonne, et j’attends d’en discuter avec d’autres lecteurs, pour voir si j’ai bien compris la même chose qu’eux… Bref, sans ces 70 pages du milieu, on aurait eu un roman original et dérangeant, un coup de poing dans le paysage littéraire, mais au final on a un roman qui me laisse perplexe, inégal et déséquilibré. On a pu lire ici ou là que l’écriture de Max Monnehay tenait de Stephen King et d’Amélie Nothomb : je ne sais pas pour Stephen King (jamais lu !), ça y ressemble pour Amélie Nothomb si l’on retient les situations complètement tordues et le rapport au corps. Dans le dernier et tout neuf magazine des Livres, dans une interview, Max Monnehay se reconnaît un maître en littérature : Chuck Palahniuk. On y croit sans peine.
Albin Michel, août 2006, 226 p. ISBN 2-226-17334-X, prix : 15 €
Ma note : 2/5
| Juillet 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||||
|
||||||||||
Moi je suis partagée sur le fait de le lire car j'aime bien découvrir les premiers romans et en même temps je n'accroche pas à la quatrième de couverture. Si jamais il fait son apparition en biblio pourquoi pas.
N'empêche qu'elle a remporté le prix du premier roman ça doit venir des comparaisons d'écrivains que tu cites alors !
je dois également loire ce roman, qui ne laisse en effet pas indifférent. J'ai lu d'autres billets qui sont généralement de ton avis ou celui de la femme que tu as rencontrée. Dès que je l'aurai lu, je viendrai te donner mon avis.
A bientôt
Merci Laure !
C'est vraiment cette impression que nous avons eu : intrigués !
original, dérangeant, pas banal, etc. en même temps, perplexes !
Argh! Je suis triste pour ce milieu de bouquin qui vous a déçu. Je sais que je ne réponds pas à toutes les interrogations levées par l'intrigue, mais cela correspond à un choix littéraire bien précis. Merci, en tout cas, d'avoir lu - et parlé - de mon roman. Ils sont très importants, pour tout jeune auteur, ces retours spontanés et sincères.
Amitiés,
Max.
Argh ! je me sens toute bête, je n'avais même pas pensé que vous pourriez passer par là et que vous pourriez lire ma critique trop sévère ! Pourtant ce n'est pas la première fois que des auteurs passent ici, mais je crois qu'il est bon de ne pas y penser avant, sinon on serait tout sauf sincères !
Je disais récemment que finalement, les bons bouquins pour moi sont ceux dont je me souviens : et bien Corpus Christine en fait partie (malgré mon appréciation) puisque nous avons toujours des interrogations quant aux motivations, à la fin, à la paralysie apparente, etc. Et la personne que j'attendais hier pour en discuter était absente... Ce qui est positif, c'est qu'on continue de parler largement de votre livre après lecture : comme quoi il a beaucoup marqué ! Et finalement c'est tellement mieux qu'un bouquin qu'on oublie aussitôt après lecture...