Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Je poursuis ma découverte des romans de Tatiana de Rosnay, même si je crois à présent qu’il va être difficile de faire plus fort que Elle s’appelait Sarah. D’ailleurs, c’est amusant, la mémoire des murs préfigure Sarah, de par ses thèmes et quelques passages, sur le Vel d’Hiv entre autres.
Pascaline, fraîchement divorcée, s’installe seule dans un nouvel appartement. Très vite elle s’y sent mal. Elle apprend qu’une jeune femme y a été violée et tuée quelques années auparavant. Elle s’informe sur ces meurtres en série où de nombreuses jeunes filles ont subi le même sort. Elle va éprouver le besoin d’aller visiter ces lieux, car elle ressent « la mémoire des murs ». Mais cela fait remonter en elle des douleurs enfouies : le divorce d’avec Frédéric, dont elle n’est pas guérie, elle ne peut supporter de le voir heureux avec une nouvelle compagne, et de les voir attendre une petite fille, alors qu’ils ont perdu ensemble un bébé il y a 15 ans, une petite fille décédée à 6 mois de la mort subite du nourrisson.
J’ai aimé : les personnages actuels créés par l’auteur, si ancrés dans la vie telle qu'elle est. (Hélas, bien trop semblable à la mienne !)
J’ai moins aimé : le côté « parapsychologie ou légèrement surnaturel » du ressenti physique de la mémoire des lieux (c’est comme ça, moi je n’y crois pas), et la fin : comme dans Spirales, elle arrive beaucoup trop vite, et si une phrase laisse imaginer ce qui va advenir, c’est au lecteur de se faire son film, et ça ça m’agace : j’aime les fins fermées, où l’auteur écrit réellement ce qu’il a choisi de faire vivre à ses personnages !
Donc à mon goût, pas le meilleur de l’auteur, même si le démarrage « thriller » est assez prenant, il s’essouffle vite, mais à lire parce qu’il contient la genèse du dernier paru : Elle s’appelait Sarah.
Pocket, juillet 2005, 138 pages, 5 €
Ma note : 3/5
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