Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
L’œil de Caine, c’est le nom d’une émission de télé-réalité proposée par Hazel Caine. 10 candidats sont embarqués pour vivre une semaine en commun, ils cachent chacun un secret. Saurez-vous le deviner ? Mais avant même le début de l’émission l’autocar qui les transporte est victime d’une attaque armée et prend feu. Survivants mais choqués, nos 10 candidats vont voir leur « Loft Story » se transformer en « Lost / Survivor », à la merci d’un dangereux psychopathe qui va les éliminer les uns après les autres, de façon violente et de plus en plus atroce. Ce roman a tout du best-seller américain, thriller aux rouages bien huilés, références cinématographiques du genre, on imagine d’ailleurs bien un réalisateur s’emparer bientôt des droits, et pourtant, l’auteur est tout ce qu’il y a de plus français. C’est une habitude chez Albin Michel, cf. Maxime Chattam, par exemple. Bref, ça fonctionne, malgré un démarrage un peu lent.
Ce roman m’a été conseillé par une bénévole à la bibliothèque : « tu verras, c’est excellent, on ne peut plus s’arrêter, c’est très bien construit, etc. Mais surtout, ne va pas lire les dernières pages avant la fin, sinon tu perds toute la surprise. » Je n’ai pas cette habitude, je ne vais jamais lire les dernières pages avant la fin. Mais cette mise en garde m’a mis la puce à l’oreille, si bien que j’ai compris l’astuce du roman très vite, dès les 150 premières pages, donc évidemment, ça perd tout intérêt, j’avais trouvé le ressort. Du moins m’en doutais. Et mon doute s’est confirmé à la lecture des dernières pages. (Je vous laisse le suspense). En fait je regrette un peu d’avoir passé quelques heures à lire ce livre. Voilà un pur produit commercial, qui surfe sur une vague à la mode, mêlant tous les ingrédients déjà bien éprouvés du genre, bref, ça s’appelle un best-seller, et ça se vend. C’est la seule chose sans doute qu’on peut en attendre : de l’argent…
Albin Michel, janvier 2007, 485 pages, prix : 22 €
Ma note : 3/5
Crédit photo couverture : éd. Albin Michel et Amazon.fr
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