Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !
Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.
Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !
Elle a la plume alerte et vive, le verbe haut et franc, un style moderne et percutant, une maîtrise parfaite pour un premier roman. Mais Audrey Diwan n’a rien d’une débutante puisqu’elle est déjà bien connue dans le domaine de l’écrit : éditrice free lance, journaliste, le Buzz littéraire nous la présente ici.
A la demande de ses parents, Raphaëlle Kanahan, 25 ans, étudiante, cherche un job pour les vacances. Elle pousse la porte de Mariage 2000, où elle est aussitôt embauchée pour vendre des robes de mariée, et des accessoires chers pas forcément chics censés faire rêver. Vite prise sous l’aile de Lola, une employée qui n’a pas la langue dans sa poche mais une vision précise sur le mariage : « le mariage est une machine à bousiller les gens. Je veux bien croire à une amitié entre nanas, je veux bien parier toute la fortune du monde sur l’amour entre mère et fille, je veux bien même accepter les flirts passagers, mais le mariage, c’est un truc qui aurait dû disparaître en même temps que l’esclavage, la traite des Noirs et la peine de mort. » J’ai lu les 117 premières pages d’une traite (sur 201) et puis tout à coup, je me suis demandé ce que je faisais dans ce roman … la boutique qui a tout du kitsch n’a qu’un rôle d’arrière plan dans l’histoire, et cette amitié entre filles, où l’une modèle l’autre à son image, à grands coups de considérations fortes en gueule, oui, bof et après… Au moment de reprendre ma lecture (allez, plus que 80 pages), à un moment charnière pourtant, où Lola va expliquer à Raphaëlle comment elle convainc les clientes d'acheter tout en leur expliquant comment garder leur liberté, je me suis dit que non, ce militantisme moderne, ce road movie plus abonné au bistrot du coin qu’à la réflexion intérieure, non, ça ne m’apportait rien, et ça m’ennuyait même plutôt. J’abandonne.
Flammarion, janvier 2007, 201 pages, prix : 15 €
Crédit photo de couverture : éd. Flammarion et Amazon.fr
Ce livre ne me tente pas du tout, et ton avis et celui de Clarabel me confortent dans mon idée. Je le vois partout en ce moment. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu'il y a un complot qui veut que seuls les membres d'un club restreint peuvent publier. Mais ça m'écoeure de voir des journalistes dont les livres sont encensés de partout grâce à leurs relations. (je ne pense pas particulièrement à Audrey Diwan, n'ayant pas lu son livre, je ne peux pas dire si, selon moi, ce roman mérite la pub qu'on lui fait), alors que d'autres sont totalement ignorés.
Sinon, Kevin de Bookiweb a publié un article sur ce livre (positif cette fois). Si le coeur t'en dit...
Audrey,
D’abord merci de votre passage ici, et je comprends tout à fait votre envie d’en savoir plus. Il est vrai que lorsque j’écris mes notes de lectures, je ne pense jamais au fait que l’auteur pourrait venir les lire. C'est ce qui me permet d'ailleurs de garder une spontanéité et une honnêteté dans mes propos. Après, lorsque je découvre un mot de l'auteur, oups, je me sens "toute con". En matière de lecture, je fonctionne beaucoup sur le ressenti (à tort peut-être), mais je lis avant tout pour me faire plaisir. Vous parlez de second roman et j'en suis curieuse, car si j'ai peu aimé la fabrication... cela ne veut pas dire que je ne vous lirai plus ! je renonce rarement au premier essai, car soyons claires, s'il y a une chose que j'ai aimé dans votre livre, c'est votre écriture, votre style que je trouve vif, moderne et percutant. Cela me plaît bien. Ce qui ne m'a pas accrochée, c'est l'histoire (et ça arrive à des milliers de lecteurs avec des milliers d'histoires !)
Je crois savoir ce qui m'a déçue : les critiques presse (ce sont les seules que je suis, j'écoute peu radios et télé) m'ont induite en erreur. Je m'attendais à une histoire plus en relation avec les couples et le mariage, puisqu'elle se passe dans une boutique de robes de mariées, une histoire dans le genre de celle de Blandine Le Callet, une pièce montée, si vous voyez... J'aime les trifouillages psychologiques sur les histoires de couple, les faux-semblants qui volent en éclat. Or votre histoire est tout autre, plus proche d'un road movie à la Thelma et Louise comme l'écrit Le Buzz, et là je ne me suis pas retrouvée. Aucune affinité avec les personnages féminins, et une histoire qui du coup m'intéressait beaucoup moins. Aux deux tiers du livre, j'ai eu l'impression de tourner à vide... Je ne sais pas quels choix de vie feront Raphaëlle et Lola, tant pis pour moi, mais l'arrogance de l'une et l'acceptation un peu rapide de l'autre (comme si Lola avait toute puissance sur Raphaëlle qui lui dirait oui à tout) m'ont un peu énervée. Désolée. Mais sans rancune !
personnellement, j'ai prefere confessions d'un salaud le premier livre de audrey diwan et de fatou biramah, c'est surment mon cote social, je prefere la realite