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  • : 41 ans, bibliothécaire, mère de 3 enfants de 19 ans, 17 ans et 12 1/2 ans. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Des livres, et plus encore

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, quatorze ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 20:47

Traduit de l’américain par Catherine Gary et Fabrice Hélion

appelle-asher-lev.jpgLe petit Asher Lev est élevé dans une famille juive hassidique de Brooklyn, où les traditions et les valeurs occupent une place prépondérante. Sa mère, après une grave dépression, reprend des études universitaires d’histoire de la Russie avant de l’enseigner, et son père voyage à travers le monde pour sauver des juifs de la répression soviétique. Le récit démarre dans les années 50 à New-York. Asher Lev aime dessiner, tout ce qu’il voit, et tout le temps. Mais cette passion enfantine prend très vite la forme évidente d’un réel don, et c’est ce qui va faire son malheur. Asher Lev, tout au long de son enfance et de son adolescence, sera sans cesse tiraillé entre la nécessité vitale du don qui s’impose à lui, il ne peut pas exister sans peindre, et la tradition familiale hassidique qui considère l’art comme quelque chose de malsain, inutile et vulgaire. De conflits en soutiens, il sera déchiré en permanence entre le talent évident qui lui dicte de continuer, et son respect de l’autorité parentale et d’un père qui se sent humilié et sali de voir ainsi son fils perdre son temps.

Je m’appelle Asher Lev est un livre surprenant, qui devient très vite fascinant. On apprend beaucoup sur la communauté des hassidim ladovériens, sur la peinture, et le nœud du récit est bien le choix qu’il faut faire dans la vie :  toutes les décisions qui pèsent dans le récit sont très bien traduites et ressenties : la mère partagée entre son amour pour son mari et son amour pour son fils, qui tout du long passera sa vie angoissée à attendre ou l’un ou l’autre (toute la fin du livre boucle cela à merveille, via deux tableaux controversés d’Asher), la fierté d’un père devant la célébrité reconnue de son fils, mais qui trahit bien trop violemment la religion pour qu’il puisse l’accepter, un fils tiraillé entre son désir de plaire à ses parents et la nécessité de vivre SA vie, cet art qui s’impose à lui ; tout toujours sera rupture et douleur, la réussite a un prix, la vie nécessite des choix difficiles.

Je m’appelle Asher Lev fait désormais partie des classiques américains, Chäim Potok, son auteur (1929-2002) fut rabbin avant d’être un écrivain reconnu comme l’un des meilleurs romanciers de l’école juive new-yorkaise, tout comme son aîné Bashevis Singer. Il existe une suite à Je m’appelle Asher Lev : le don d’Asher Lev, écrit 18 ans plus tard.

p. 231 : « Peindre, ce n’est pas raconter une histoire. Si tu veux en raconter une, deviens illustrateur ou écrivain. Mais si tu veux être peintre, il faut que tu apprennes à utiliser la ligne, la couleur, la forme et la matière pour faire des tableaux, pas des histoires. »

Buchet Chastel, 1973, 396 pages,

Existe en poche chez 10/18, prix : 8,60 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : éd. 10/18.

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Publié par Laure - dans Romans étrangers
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commentaires

zarline 14/04/2010



Ce livre traîne dans ma PAL depuis bientôt 2 ans. Ton billet le fait remonter un peu vers le sommet d'effrayante pile.



Mona 15/04/2010



Je n'en avais pas du tout entendu parler, mais ce billet est bien tentant. Un livre de plus dans ma PAL !



Pivoine 15/04/2010



Ah! Les livres de Chaïm Potok valent d'être mis bien au-dessus d'une PAL...


 


Je relirai plusieurs fois Chaïm Potok, sans me soucier de "nouveautés" à lire par exemple... "La harpe de Davita", "L'élu" et "La promesse" sont aussi très, très beaux. "L'élu" est probablement
un de mes livres préférés...



jp 16/04/2010



Voilà, c'est mon texte fondateur. Curieux, pourtant, puisque je ne suis pas issu de cette religion ( ni d'aucune autre d'ailleurs) que je ne suis pas peintre que je ne suis pas américain etc
etc...et pourtant, c'est MON livre -avec la Recherche - , tous ceux qui vivent à mes côtés le savent. La voix de la mère qui répète "make the world pretty, Asher" et l'horreur qui les saisit à
l'exposition - je trouve que c'est plus que bouleversant - c'est simplement tout ce que j'aime en littérature, tout.



Karine :) 23/04/2010



Je ne connaissais pas du tout du tout... mais tu me tentes drôlement!



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