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Préambule

Des livres, et plus encore…

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

Romans français/francophones

Lundi 16 novembre 2009

Laura, dix-sept ans, part en Allemagne comme jeune fille au pair dans une famille où elle se sent très vite étrangère : étrangère à elle-même, étrangère dans ce pays, étrangère dans cette famille. L’atmosphère du roman est oppressante, les parents de cette famille semblent avoir de étranges habitudes, les enfants livrés à eux-mêmes, et Laura au milieu ne sait pas bien ce qu’on attend d’elle, personne ne lui donne de consignes.

Elle participe d’elle-même à cette vie sans bien comprendre, s’interroge sur sa propre famille, sur son lien à son grand frère à qui elle écrit régulièrement, à son frère trop vite disparu, à sa mère, au couple que forment ses parents….
Qu’elle semble triste et monotone cette vie, grise dans cette Allemagne d’avant la chute du Mur, de ces années 80 où l’on écoutait encore de la musique sur des cassettes audio… Climat pesant, sentiment malsain qui semble poindre, où va nous mener ce récit ? Vers la vie, vers l’envol, vers la maturité, vers le passage de l’âge adulte… Au cours de cette année étrangère, complètement perdue, Laura va surtout se découvrir elle-même.

p. 39 "J'ai la sensation d'errer sans but dans un monde que je ne comprends pas, dont ne m'a pas encore donné la clé, mais dont je pressens qu'il va bientôt m'engloutir. Ce n'est pas de la peur que j'éprouve mais une légère appréhension doublée d'une impresion de mystère. Je me demande qui sont ces gens qui vivent au ralenti, sans exigences et sans règles apparentes, et qui m'obligent à tout modifier en moi, mon rythme, mon énergie, mon jugement. J'expérimente, en vivant le contraire de ce que j'ai appris à vivre, une autre forme d'existence, molle, distordue et libre en apparence. Je découvre un nouveau mode de relation entre les êtres, où n'affleurent pas l'angoisse, le souci d'efficacité ni la volonté de contrôler les actes de chacun. Ici, personne ne plannifie, personne ne se préoccupe du temps qui passe, personne n'organise quoi que ce soit quand le week-end arrive. Personne n'a peur du lendemain. C'est ce que je crois."

Un roman au déroulement finalement simple mais qui attire par son entrée énigmatique, vous rend complice de l’inquiétude de ses personnages, et donc curieux du dénouement.

 

Encore faut-il pour cela ne surtout pas lire la quatrième de couverture qui dit absolument tout du roman, à tel point qu’on se demande alors « à quoi bon l’acheter » ?!


L’album du livre 

 

Lu aussi par Clarabel, Antigone, Laurent , Canel, ….

 

Stock, août 2009, 207 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hubert MICHEL et éd. Stock

Par Laure
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Vendredi 6 novembre 2009

« Tu vas mourir, aujourd’hui, et tu ne le sais pas encore. Le sauras-tu jamais, même à l’ultime instant ? » Ainsi s’ouvre le roman, écrit à la 2ème personne du singulier. On ne sait pas qui parle, on ne le saura qu’à la fin, même si une piste est lancée quelque part au milieu du livre. On va suivre la dernière journée d’un homme banal et qui n’a rien de remarquable, autour duquel gravite quelques personnages : sa petite amie Caroline, son ami Laroque, une Mademoiselle Mystère qui l’épie depuis la table d’un café, et dont on apprend assez vite que c’est elle qui veut sa mort. Quinze jours qu’elle rôde dans le coin avec son frère Olivier, pour préparer le crime. Pourquoi ? Des retours en arrière dans le récit et l’histoire d’une famille qui peu à peu se dévoile. Un roman qui interroge sur la colère, la vengeance, le temps qui passe, la banalité de la vie… et un livre qui tient surtout par sa forme, ce récit intriguant à la deuxième personne, sans quoi j’avoue que je ne lui ai pas trouvé d’éclat particulier, intéressant au départ, noyant un peu le poisson dans des détails parfois, cherchant dans le passé une intrigue à la fois banale et pas tout à fait crédible, c’est un roman court aussi se lit-il sans déplaisir, mais il manque quelque chose, une lueur tonique qui réveillerait la médiocrité du personnage, car là, je n’en garderai pas un ‘grand‘ souvenir.

 

 

Lu aussi par Georgesandetmoi dont je partage assez bien l’avis, et les plumes d’Audrey.

 

Actes Sud, août 2009, 174 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : Young Singer © Saul Leiter, Courtesy Howard Greenberg Gallery, et éd. Actes Sud.

Par Laure
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Jeudi 29 octobre 2009

Dorine Bertrand écrit des scénarios de dessins animés et des livres pour enfants, mais ne vous y trompez pas, ici, c'est bien pour les grands qu'elle écrit, la preuve par neuf (les neuf nouvelles du recueil) qu'elle a une plume, un style, noir, vif, incisif, assassin. C'est méchant ou juste grave ou tordu, mais paradoxalement c'est bon !

Que ce soit l'ado de 15 ans qui projette de se suicider et fait en pensée le testament de ce qu'elle lèguera à ses parents, la femme enceinte qui perd les eaux mais ne veux pas accoucher, la jeune femme qui reçoit une lettre emplie de bonnes raisons d'avorter (la plus terrible celle-ci !), toutes prennent des tours inattendus, surprenants, dérangeants, drôles. Toutes les nouvelles ne se valent pas, dommage, les dernières du recueil sont pour moi les moins bonnes, la gradation est donc décevante, mais on en ressort tout de même avec une furieuse envie de suivre Dorine Bertrand dans ses futures publications (s'il y a ?), ce genre d'auteur qui vous intrigue et vous bouscule juste assez pour vous donner un p'tit goût de revenez-y.


L'avis de Clarabel (qui vous en offre deux pour le même clic), que je remercie ! 


Pocket, juin 2008, 151 pages, prix : 5 €

Etoiles : 

Crédit photo couverture : Hélène Swynghedauw et éd. Pocket.

Par Laure
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Mercredi 14 octobre 2009

S’il est un livre incontournable de Philippe Forest, c’est bien celui-ci.
Si vous n’en avez jamais entendu parler, sachez juste que dans ce roman (oui, roman), Philippe Forest raconte la maladie et le décès de sa fille de 4 ans, Pauline, atteinte d’un cancer des os. C’est dur, violent, émouvant, juste, mais ce n’est pas que cela. Au-delà d’une histoire personnelle, Philippe Forest est un écrivain, universitaire enseignant de littérature, et cela donne une dimension supplémentaire au livre. On se replonge avec intérêt dans la poésie d’Hugo et Mallarmé, pères confrontés à la perte de leur enfant, on suit la boucle intime et universelle que prend l’histoire de Peter Pan de James Barrie dans la vie de Forest. Livre sur la vie, la douleur, la mort, Forest mêle le quotidien réaliste des traitements à une réflexion plus philosophique de ce qu’il est en train de vivre, au cœur de sa cellule familiale, mais au sein de la société également.

L’enfant éternel est un livre précieux, rare, intelligent, de ceux que l’on conserve précieusement pour en relire, ici ou là, quelques passages.

Une lecture à compléter par celle de son essai : Tous les enfants sauf un.

 

 

Gallimard, janvier 1997, 369 pages, prix : 19,82 €

Existe en Folio (poche)

Etoiles :

Crédit photo couverture : ed. Gallimard

Par Laure
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Mercredi 7 octobre 2009

Zoïle aurait dû s’appeler Zoé, mais voilà, il est né de sexe masculin, et ses parents ont bien dû aviser, en lui donnant le nom d’un philosophe grec phonétiquement proche. Zoïle travaille pour EDF-GDF, en proposant des solutions énergétiques à des gens qui viennent d’emménager et qui n’ont rien demandé. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance d’Astrolabe et d’Aliénor, qui vont bouleverser sa vie. Zoïle va tomber amoureux d’Astrolabe, laquelle restera fidèle à Aliénor Malèze, écrivain autiste dont elle s’occupe au quotidien. Dans l’espoir de passer à l’acte avec Astrolabe, Zoïle va tout tenter, notamment un mémorable dîner de champignons hallucinogènes. Et pour qu’Astrolobe prenne conscience de la portée de son amour, Zoïle va l’impressionner en faisant exploser en vol un Boeing 747 avec un tesson de bouteille de champagne grand cru acheté en duty free après avoir passé les portiques de sécurité de l’aéroport…


Ne croyez pas que j’aie tout dit, il en reste encore à découvrir ! Vous vous posez des questions sur cet univers de fous aux prénoms décalés ? Pas d’erreur, vous êtes bien dans un roman d’Amélie Nothomb, roman qui répond aux critères habituels : lu en 1h30 environ, 2 heures grand maximum peut-être si vous êtes fatigué, les thèmes fétiches sont toujours là : la laideur et la beauté, l’écriture, l’anorexie, sa « culture » littéraire, musicale et artistique en fond, sa fantaisie proche du délire… Amélie Nothomb écrit bien du Nothomb, et ça ne surprend plus. Ça ennuierait presque. Oui c’est un peu n’importe quoi et ça tient malgré tout à peu près la route, mais après ? J’aimerais un roman qui me surprenne ou qui m’enchante, un truc qui me captive ou me rende admirative, au lieu de cela, j’ai juste un devoir annuel conforme au cahier des charges qui me laisse de marbre. J’aimerais tellement voir ce qu’Amélie a dans les tripes sur un pavé de 500 pages, ce jour-là peut-être, je redeviendrai fan…

 

Pas de doute, c’est du Nothomb : p. 103 : « […], on a besoin de grandeur parce que c’est absolu, c’est une question de taille et non de structure, si le baobab rapetisse prodigieusement, il devient un brocoli, le brocoli peut être mangé, le baobab est le brocoli cosmique dont parlait Salvador Dali, […] » moi je dis juste qu’il faut arrêter les champignons, Amélie…

 

Albin Michel, août 2009, 130 pages, prix : 15 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © studio Harcourt, Paris

 

p. 39 : « J’appréciais par ailleurs qu’il n’y ait pas de photo de l’auteur sur la jaquette, en cette époque où l’on échappe de moins en moins à la bobine de l’écrivain en gros plan sur la couverture. »   Elle a de l’humour, Amélie…

 

Par Laure
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