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  • : 36 ans, bibliothécaire, et mère de 3 grands monstres qui poussent bien trop vite, parfois aussi épuisants qu'irremplaçables, je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Préambule

Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !

Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle  pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.

Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !

Vendredi 6 juin 2008

Ce dernier thriller de Thierry Serfaty est le troisième qui s’inscrit dans son ambitieux projet de cycle intitulé La Pyramide mentale, cycle qui doit englober quatre romans. (dont le premier était la nuit interdite, et le second, Peur).


J’ai lu Agônia sans savoir cela, et pour vous rassurer, il est tout à fait compréhensible sans avoir lu les précédents ! Sauf que maintenant, c’est malin, j’ai envie de lire les autres ! Même si c’est dans le désordre. Car les personnages ont une vraie personnalité, de l’étoffe, et sont attachants !


Au début d’Agônia (du grec, l’ultime combat) on retrouve le commissaire Erick Flamand et son épouse et coéquipière Laura, au lendemain de la mort du Maître, qui pour soigner les phobies, avait décidé d’éradiquer la Peur. L’Institut qui accueille des enfants phobiques va donc pouvoir enfin retrouver la paix. Mais alors que tout le monde croit l’affaire terminée, moins de 24 heures plus tard, une vidéo d’un homme se faisant ensevelir vivant circule sur le net, et des enfants disparaissent la nuit de l’Institut. Quelle est donc cette horreur qui reprend ?

Bien sûr, je ne vais pas trop vous en dire. Le principe même du thriller, c’est de vous faire tourner les pages sans relâche, et de vous stresser un brin, quand même. Et quand vous pensez que c’est cousu de fil blanc, que bien sûr ça finira bien, on vous remet quelques rebondissements inattendus ! La fin est donc stupéfiante, jusqu’aux dernières pages où elle ne cesse de rebasculer.

Une écriture vive, simple, une intrigue qui tient la route et qui fait froid dans le dos (trouver le Maître qui s’est emparé des émotions : d’abord la Peur, puis la Colère, va-t-il toutes les faire, pour aplanir les personnalités, éradiquer les différences ?). Rien de fantastique là-dedans, mais de la psychobiologie (ici utilisée à mauvais escient) et c’est assez passionnant ! Et puis des personnages humains et foncièrement gentils, ça aide aussi. Mais pas gentillets non plus, ils ont leurs fantômes et leurs soucis ! Thierry Serfaty a su trouver ici encore un équilibre effrayant entre réalisme et folie pure.

 

 

Michel Lafon, juin 2008, 395 pages, prix : 20 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Michel Lafon.
PS : Merci à Sandrine !

par Laure publié dans : Polars / Thrillers
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Vendredi 4 avril 2008

morsures-de-l-ombre.jpgBenoît Lorand, commissaire de police, se réveille enfermé dans une cave, derrière les barreaux d’une prison, avec une vague sensation de gueule de bois, et ses souvenirs envolés. Il a bien suivi une belle Lydia pour la soirée… et voilà qu’elle se retrouve être sa geôlière. Pourquoi ? C’est le début d’un huis clos aussi sombre que traumatisant, effroyable, dans lequel aucune torture, physique ou psychologique, n’est épargnée au lecteur. A tel point que j’ai eu envie à un moment d’arrêter ma lecture. Car l’intrigue avance sûrement, mais lentement (pour se précipiter dans les dernières pages) et je n’en pouvais plus de ce que je nomme vraiment cette « torture ». Pourtant, le thriller fonctionne, on veut connaître la fin, qui tient la route, dans une folie dont on ne doutait pas, et l’auteur fait preuve d’un courage certain dans sa fin (qu’évidemment je ne vais pas dévoiler !)

Ames sensibles s’abstenir donc, mais je suis ravie toutefois d’avoir découvert un auteur français que je ne connaissais pas et qui me semble vraiment « à suivre », car elle ne manque pas de talent en dépit d’une difficile violence.

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle en mars 2008, sélection polars.

 

Ed. Fleuve noir, novembre 2007, 290 pages, prix : 14,90 €

Ma note : 17/20

Crédit photo couverture : éd. Fleuve noir

par Laure publié dans : Polars / Thrillers
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Samedi 1 mars 2008

garden-of-love.jpgL’histoire :site de l’auteur) :

« Troublant, diabolique même ce manuscrit qu’Alexandre Astrid reçoit par la poste ! Le titre : Garden of love. L’auteur : anonyme. Une provocation pour ce flic sur la touche, à la dérive, mais pas idiot pour autant. Il comprend vite qu’il s’agit là de sa propre vie. Dévoyée. Dévoilée. Détruite. Voilà soudain Astrid renvoyé à ses plus douloureux et violents vertiges. Car l’auteur du texte brouille les pistes. Avec tant de perversion que s’ouvre un subtil jeu de manipulations, de peurs et de pleurs.

Comme dans un impitoyable palais des glaces où s’affronteraient passé et présent, raison et folie, Garden of love est un roman palpitant, virtuose, peuplé de voix intimes qui susurrent à l’oreille confidences et mensonges, tentations et remords. Et tendent un redoutable piège. Avec un fier aplomb. »

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection polars.

 

Ce roman est pour moi LA REVELATION de la sélection depuis le début de l’expérience du Prix, une lecture éblouissante de talent, de maîtrise de l’écriture qui s’efface pourtant totalement pour offrir au lecteur une histoire aussi étrange que captivante, flirtant entre amour, meurtres et schizophrénie.

Pour apprécier pleinement ce roman, il faut accepter d’être un peu dérouté, de ne pas tout comprendre tout de suite, de se sentir égaré parmi les changements de points de vue, pour assembler peu à peu les pièces du puzzle savamment construit par l’auteur. Au-delà d’une histoire magnifiquement menée, c’est d’abord un style parfait, où chaque mot est le bon, une écriture qui permet ainsi de laisser toute sa place à l’intrigue, un tout indissociable. Policier, roman noir, ce pourrait être un roman « tout court », en tout cas bravo à l’auteur, qui m’a donné la curiosité d’aller lire ses précédents romans !

 

Un roman aux récompenses multiples 
L’article sur Encres vagabondes
Cathe a rencontré l’auteur 

Zulma, 2007, 317 pages, prix : 18,50 €
Ma note : 19/20
Crédit photo couverture : éd. Zulma
par Laure publié dans : Polars / Thrillers
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Samedi 9 février 2008

Roman traduit de l’américain par Pierre Sérisier.

 

faiseurs-d-anges.jpgKristine Kathryn Rusch écrit sous le pseudonyme de Kris Nescott des polars fréquemment récompensés aux Etats-Unis. Les faiseurs d’anges est la quatrième aventure de Smokey Dalton, mais nul n’est besoin d’avoir lu les 3 précédents pour s’y retrouver, c’est l’avantage.

Un an après l’assassinat de Martin Luther King (nous sommes donc en 1969), Smokey vit à Chicago, sous un nom d’emprunt, pour protéger son fils adoptif, Jimmy, seul témoin de l’assassin du leader Luther King. Noir, il fréquente une femme blanche, Laura Hathaway. Alors qu’ils rentrent un soir dans l’immeuble de Smokey, ils entendent les pleurs d’une femme entre la vie et la mort, qui se vide de son sang. Ils la conduisent à l’hôpital où les médecins refusent d’intervenir tant qu’ils ne savent pas s’il s’agit d’une fausse couche ou d’un avortement clandestin. Pratique alors bien évidemment condamnée. Smokey va se lancer dans une enquête pour retrouver l’avorteur qui a raté son travail, et qui contre une somme d’argent, est protégé par la police.

J’ai eu beaucoup de mal à lire ce livre, et s’il n’avait pas été pour le Prix Elle, je l’aurais très vite abandonné, tant l’intrigue y est d’une lenteur ennuyeuse et très éloignée de ce que l’on peut attendre d’un polar. L’enquête n’a ici aucune importance, seuls les faits historiques et sociologiques s’y inscrivent, lentement, parfois de façon intéressante, pour qui voudrait comprendre les querelles sanguinaires des gangs américains. Pourquoi s’intéresser à la misère d’une famille squatteuse pour ne plus lui accorder de place ensuite dans le récit ?

Et du point de vue de l’enquête, les solutions ne sont pas celles d’une enquête policière, et que penser d’un roman où chacun se fait justice en tirant simplement sur celui qui ne vous revient pas ? Roman sur la guerre des gangs, sur la condition noire aux Etats-Unis, oui, mais roman policier, assurément, non.

Si ce roman a des points positifs pour ses aspects historiques, comment toutefois noter favorablement un livre où je me suis terriblement ennuyée et pour lequel je me suis sévèrement forcée ? Je n’ai pas trouvé de plaisir à ma lecture, et c’est pour moi ici l’élément qui motive ma note (8/20)

 

Lu en janvier dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, sélection policiers.

 

Ed. de l’Aube, coll. l’aube noire, 486 pages, prix : 23,50 €

Ma note : 08/20 (2/5)

Crédit photo couverture : éd. de l’Aube et Amazon.fr

par Laure publié dans : Polars / Thrillers
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Samedi 29 décembre 2007

Traduit de l’américain par Carine Chichereau

 

interpretation-des-meurtres.jpgEn 1909, Freud se rend à New York pour une série de conférences. Il souffre de pathologies diverses et rentre mécontent de son voyage. Sur place, il rencontre d’autres psychanalystes, dont Carl Jung. Au même moment, une femme est sauvagement assassinée, après avoir subi des violences. Younger, jeune psychanalyste new-yorkais conseillé par Freud lui-même, va s’intéresser à l’affaire et aider l’enquêteur Littlemore.

 

Ce polar historique m’a plu par bien des aspects, notamment la partie véridique retraçant le voyage de Freud aux Etats-Unis en 1909. On y découvre également une reconstitution intéressante de la ville de New York au début du XXème siècle, et pour ma part, la psychanalyse m’a toujours fascinée, aussi mon intérêt pour ce roman était déjà gagné. On sent que l’auteur maîtrise parfaitement son sujet, un peu trop peut-être : il n’est pas toujours facile de le suivre, notamment sur l’interprétation psychanalytique d’Hamlet, sur laquelle Younger revient très régulièrement.

Ce premier roman ambitieux pêche peut-être par quelques longueurs, digressions ou développements qui alourdissent inutilement l’histoire. Passionnant, roman historique, roman policier, roman d’aventures, roman social, on s’y perd quand même un peu. Trop de dispersion, peut-être, et un Sigmund Freud qui finalement ne tient pas un rôle principal dans ce polar, mais une toile de fond intéressante.

 

Lu dans la cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008 pour le mois de janvier, dans la catégorie Policiers.

 

Ed. Panama, nov. 2007, 473 pages, prix : 22 €

Ma note : 14/20 (barème Elle : de 11 à 14 : assez bien)

Crédit photo couverture : éd. Panama et Amazon.fr

par Laure publié dans : Polars / Thrillers
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