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  • : 36 ans, bibliothécaire, et mère de 3 grands monstres qui poussent bien trop vite, parfois aussi épuisants qu'irremplaçables, je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Préambule

Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !

Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle  pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.

Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !

Mercredi 30 juillet 2008

 

Petite découverte sympathique au hasard des rayons…

Un petit livre plein de fraîcheur, de tendresse et de fantaisie… Ferdinand est un petit garçon comme les autres, ou presque : dans sa tête, les mots et les chiffres se mélangent, il fait plein de choses à l’envers et ne comprend pas toutes ces expressions imagées de la langue française, du coup, il crée souvent les siennes et s’exprime dans un langage très personnel, un langage qui a du sens, mais qui n’est que le sien. Il n’arrive pas à prononcer son prénom, alors il s’appelle Bob, ça a le mérite de se lire dans n’importe quel sens.

Il a beau faire un liban de connaissances et aller souvent chez l’autre phoniste, sa mère est souvent convoquée à l’école, et ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent : caprice, entêtement, problématique, confusion, dessins à l’envers, délibérément, mauvaise volonté, psychologue, spatialisation, destructuré, autonomie, … selon le point de vue de celui qui s’exprime. Mais tout cela n’empêche pas Bob d’être un petit garçon vif et intelligent, amoureux d’Anna, même que Bob + Anna, c’est un super palindrome qui se lit dans n’importe quel sens, et quand la maîtresse dit qu’il vont créer une pièce de théâtre à partir d’une histoire d’un anglais qui s’appelle Drôle de Dalle, un bon grand géant, Bob déborde d’enthousiasme. Et qu’importe s’il prend ses ciseaux pour découper le livre quand la maîtresse dit qu’il va falloir découper l’histoire en dix scènes.

Et puis Bob peut toujours compter sur sa maman qui elle, sait bien les difficultés qu’il a, d’ailleurs à la fin du livre (qui se termine un peu trop vite d’ailleurs), elle lui a rédigé un cahier d’expressions rien qu’à lui, pour plus tard, quand il aura 20 ans et que tout cela sera loin derrière, par exemple il y a : « en avoir gros sur la tomate : devenir tout rouge de déception ». Et surtout, il y a ce magnifique préambule de la maman : « Petit dyslexique, petit dysphasique, petit dyscalculique, petit dysgraphique, mais qui a toujours eu dys/10 dans mon cœur… »

 

A lire dès 9/10 ans, c’est aussi un superbe travail sur le langage, car tout fait sens, mais pas dans l’ordre académique habituellement attendu. L’auteur a animé des ateliers d’écriture et on en retrouve bien là toute la créativité.

Un beau petit livre plein d’humour et de tendresse que je dédie à une maman en particulier J

 

Syros jeunesse, coll. Tempo, juillet 2007, 89 pages, prix : 5,90 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : © Irène Schoch et éd. Syros

par Laure publié dans : Littérature jeunesse
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Vendredi 4 juillet 2008

Illustrations de Françoise Malaval.

Encore une belle découverte faite par hasard, en rangeant les rayons jeunesse constamment en bazar de la bibliothèque. Ce livre m’a attirée par son format hors du commun et sa couleur vive. Quel bel objet ! Edition limitée, numérotée à la main (nous avons le n°326 !), magnifique papier, impression et illustrations. Imprimé à Pondichéry (Inde) sur du papier White snooth, composé en Barmeno corps 15, c’est rarissime que je respire et caresse un livre, d’ordinaire, ils n’ont pas de valeur ni de douceur, mais là vraiment, somptueux papier ! Il est précisé en page liminaire que « les éditions Masala et leurs partenaires ont tout particulièrement veillé à ce que l’entière fabrication de [l’] ouvrage respecte l’interdiction du travail des enfants, par ailleurs proscrit par la Constitution indienne ».

Les illustrations de Françoise Malaval, encres aux couleurs vives sont sobres et belles, intercalant les chapitres. Parlons du texte : quelle réussite aussi que ce court roman de Thierry Lenain, sur la fin d’une histoire d’amour, la séparation des parents vue par leur enfant, et les conséquences du divorce sur la vie quotidienne. Bien sûr la vie ne s’arrête pas, la petite Paola  nous parle de sa douleur à voir ses parents séparés, à accepter qu’ils se construisent de nouvelles vies avec un nouveau conjoint, mais l’espoir et les nouveaux bonheurs jaillissant, Paola comprend qu’il ne faut jamais museler l’amour, qu’il soir court ou qu’il soit long, tout comme il ne faut jamais jeter les fleurs fanées des amours qui ont passé.

 

Premières pages : « Je m’appelle Paola.

Autrefois je croyais que les histoires d’amour duraient toute la vie. Aujourd’hui, je sais qu’il existe des histoires d’amour longues et des histoires d’amour courtes.

Je préfère les longues.

Seulement on ne choisit pas, encore moins l’histoire d’amour de ses parents. Les miens se sont séparés. Ils se sont aimés beaucoup, mais pas longtemps. C’était une histoire d’amour courte, et je suis née dedans. Il n’y a pas besoin qu’une histoire d’amour soit longue pour naître dedans. » 

 

Très très beau texte, dans un très bel objet livre, je ne sais pas si cette édition est encore disponible, si oui, elle vaut largement les 19,50 € affichés en 4ème de couverture, qui peuvent paraître chers pour un livre de 60 et quelques pages.

 

Une édition antérieure illustrée par Nathalie Novi existait également chez Nathan Jeunesse en collection Demi-Lune, mais est aujourd’hui épuisée, attendant une nouvelle édition chez un autre éditeur.

Un texte à avoir dans sa bibliothèque personnelle, surtout si l’on est concerné par le divorce, les familles recomposées, qu’on soit adulte ou enfant. (C’est un livre jeunesse, mais les lecteurs ne s’arrêteront pas à ce détail !)

 

Edition Masala, juin 2006, 67 pages, 19,50 €

Ma note : 5/5

Crédit photos couvertures : site de Thierry Lenain

 

par Laure publié dans : Littérature jeunesse
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Jeudi 3 juillet 2008

Très agréable surprise que ce petit roman jeunesse découvert un peu par hasard : il est dans les 42 indispensables du dernier guide FNAC «  200 romans jeunesse », et il est dans la sélection 2008 du Prix Tam-Tam J’aime Lire qui sera décerné en novembre à Montreuil… et comme je l’avais dans mes rayons, j’y ai regardé de plus près !

 

En l’an 1719, le grand duc Nikolaï et son épouse Anna Von Truck ont un fils : Ivan, en souvenir du Grand Ivan Le Terrible, mais voilà, Ivan n’a rien d’extraordinaire. Un jeune étudiant qui rêve de devenir écrivain, Vladimir, écrit une chanson humoristique qui n’est pas du goût de Nikolaï. La chanson comportant beaucoup d’allitérations en V, le grand duc décide alors d’interdire dans son royaume la prononciation et l’écriture de la lettre V. Avouez alors que pour parler, ça devient compliqué ! « Une police spéciale de Répression du V fut créée pour surveil…, non, pour écouter les conversa… heu, les bavarda… oh, zut ! Est-ce encore possible de parler ? » Des gens sont employés pour épurer les livres de cette 22ème lettre de l’alphabet bien contrariante, et la population prévient de l’arrivée de la Police Spéciale par un sonnant « 22 ! » Mais ce qui est magique dans ce livre, c’est que vous travaillez sur le langage sans vous en rendre compte : car pour supprimer la lettre V, c’est qu’il faut trouver une ribambelle de synonymes ! Idéal pour enrichir le vocabulaire de nos bambins sans en avoir l’air ! Sans compter que c’est plein d’humour, une histoire qu’on lit d’une traite tant elle est drôle et réjouissante.

L’écriture est intéressante également car le narrateur lui-même s’autorise ou non la lettre V selon le point de vue qu’il adopte, idem dans les discours des personnages selon que c’est Nikolaï qui parle ou Vladimir. Et quand (V)Ladimir rencontre Malvina et que leur petite Viviane voit le jour… quand quelques années plus tard Vivi rencontrera Ian (ben oui, Ivan a été rebaptisé ainsi), ça devient encore plus drôle et encore plus compliqué… à moins que l’amour ne simplifie les choses ?

Pourriez-vous vivre, vous, sans la lettre V ?

On pourra voir aussi dans ce texte une dénonciation de la dictature d’un souverain et ses conséquences sur la culture d’un pays… ou se contenter tout simplement de sourire à la cocasserie de l’histoire.

Une très bonne surprise donc, pour un roman de grande qualité, que je conseillerais dès 8 ans.

 

 

Ecole des Loisirs, collection Mouche, mars 2008, 51 pages, prix : 6,50 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : © Yvan Pommaux et Ecole des Loisirs

par Laure publié dans : Littérature jeunesse
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Jeudi 26 juin 2008

Lou a 12 ans, et une vie de pré-ado tout à fait ordinaire dans sa famille et sa classe de 6ème. Elle a juste une fâcheuse habitude, celle d’écouter aux portes les conversations de ses parents le soir quand ils la croient endormie. Et après bien sûr, elle gaffe et met les pieds dans le plat. C’est ce qui se produit avec sa meilleure amie Marine, car elle a entendu ses parents dire que la mère de Marine avait un amant et qu’elle allait se séparer de son mari. Mais Marine n’en savait encore rien… Mais ce qui inquiète la petite Lou, ce sont ces quelques mots : « on fêtera son dernier anniversaire ». Pourquoi dernier anniversaire, et celui de qui ? Qui va mourir ?

Une façon d’aborder la maladie et la mort d’un proche dans ce petit livre destiné idéalement aux jeunes de 11-12 ans, car Lou va accompagner les derniers jours de sa tante adorée, qui lui donnera la force de croire en la vie et de se laisser aller aux premières amours en douceur et sans empressement avec le jeune et charmant Pablo.

Amitié, jalousie entre copines, approche de la mort d’un proche sont des thèmes délicatement abordés dans ce petit roman jeunesse qui se lit agréablement, sans toutefois m’enthousiasmer follement. Autrement dit : une valeur sûre, mais pas un coup de cœur.

 

 

Ecole des Loisirs, coll. Neuf, mars 2008, 86 pages, prix : 8,50 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : © Gwen le Gac et L’école des Loisirs.

PS : Merci à Cuné qui m’a offert ce livre !

par Laure publié dans : Littérature jeunesse
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Vendredi 20 juin 2008

Illustré par Jean-François Martin

 

C’est un court roman jeunesse facile à lire mais qui contient mine de rien des notions profondes et d’actualité. Boris entre en CM2 et son grand-père Maximilien Alexandre lui promet un grand cadeau à la fin de l’année s’il travaille bien à l’école. Mais qu’est-ce que ce grand-père un peu guindé mais gentil comme tout pourrait bien lui offrir ? C’est simple, il va lui acheter un yamtchutchikl. Et pas question de passer pour un inculte, Boris n’ose pas demander ce qu’est un yamtchutchikl, même si ce n’est ni dans le dictionnaire ni sur l’Internet. Il passe l’année à rêver à ce cadeau extraordinaire. Débutent enfin les grandes vacances et l’ennui d’un séjour à l’hôtel sous une Suisse pluvieuse. A défaut de bon air, Boris ne connaît que l’ennui confiné dans une chambre. Et quand le cadeau tant attendu arrive, il est hyper déçu. C’est ça, un yamtchutchikl ? Il en pleure de rage, mais bien vite, se fait prendre au piège.

A votre avis, qu’est-ce qui vous offre des heures de rêve et d’évasion ?

Bon, je connaissais la réponse avant d’acheter le livre puisqu’un site de critiques littéraires la donnait d’emblée. C’est même pour cela que j’ai acheté le livre. Alors moi aussi je suis un peu déçue, parce que cette fin tant attendue, elle s’évanouit trop vite, elle n’est qu’effleurée, pas vraiment explorée. Et c’est un peu dommage. Je ne sais pas si elle convaincra réellement les enfants, même si bien sûr, on aimerait y croire. En tout cas, elle gagnera tous les lecteurs déjà convaincus, jeunes ou moins jeunes, qui ne pourront alors s’empêcher de trouver ce livre un peu trop bref.

 

PS : je trouve la couverture très moche, car l’esprit « vieillot » ne m’attire absolument pas, mais ce n’est qu’une jaquette, dessous la couverture plus sobre de la collection Cadet me plaît bien davantage.

 


Actes Sud Junior, coll. Cadet, mai 2008, 55 pages, prix : 6,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © Jean-François Martin et éd. Actes Sud.

 

par Laure publié dans : Littérature jeunesse
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