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Préambule

Des livres, et plus encore…

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, dix ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

Boite à BD

Jeudi 3 septembre 2009


Une BD choc et tendre qui ne laisse pas indifférent ! Les âmes sombres de ces planches sont noires, très noires, violentes et abjectes. Et pourtant…

Mélodie, une petite mamie à cheveux blancs a tout quitté pour suivre sa route en écoutant ses voix intérieures, dormant ici ou là comme tout SDF, ayant foi en la bonté des gens. Recueillie par une famille de sans papiers, cette humanité ne durera que quelques heures, car un gang de voyous, alcooliques, drogués, et ultra violents, sans âme et sans morale, dirigés par un certain Ralf, surgit dans le squat. La mamie est contrainte de leur faire à manger. De casses en violences diverses, ces âmes sombres qui se moquent sans vergogne des gentils proverbes de la petite mamie vont finir par laisser leur cœur se fendiller… l’un d’entre eux du moins, Brice.

On est constamment partagé dans cette BD, entre la violence et les actes violents qu’on ne peut accepter, et l’espérance et l’humanité de la mamie. Forcément, on va jusqu’au bout, tentant de passer cette noirceur d’âme sans fond, parce qu’on sent qu’il y a une lueur d’espoir, et qu’on a envie d’y croire.

Un très bon album, comme souvent dans la collection Mirages.

Même si vraiment, j’ai eu du mal avec ces personnages sans foi ni loi, mais c’est ce qui fait la force de l’album aussi, évidemment.

 

Delcourt, collection Mirages, 111 pages, janvier 2007, prix : 14.95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Marc Vlieger et éd. Delcourt

Par Laure
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Mardi 11 août 2009

Celle que je ne suis pas (tome 1)

Valentine est élève de 3ème, elle est amoureuse de Félix, mais elle garde cela farouchement secret. On suit dans cet album très inspiré du manga des petites tranches de vie de collégiennes de 14 ans, et tout ce qui va avec : les boums, les flirts, les jalousies, les fêtes trop alcoolisées, les tournois de sport … pourtant Valentine semble se sentir un peu différente, plus discrète, plus posée, moins dévergondée, elle reste un peu à l’écart des « histoires » tout en faisant partie de la bande. Elle vit seule avec sa mère, n’a que peu de nouvelles de son père. Le tome 1 s’achève sur l’entrée en classe de seconde, on attend donc du changement dans le tome 2, de nouveaux personnages, de nouvelles habitudes, celles plus libres, du lycée ? A suivre, donc…

 

Cette BD a un « cœur de cible » évident : les jeunes filles de 13-15 ans. D’ailleurs la mienne, qui va avoir 13 ans et entrer en 4ème, a adoré. Les adolescentes en bibliothèque sont impatientes des tomes suivants…. Normal, on y retrouve tout ce qui fait la vie de cette tranche d’âge. C’est sans doute parce que je suis bien plus vieille que j’y reste un peu imperméable. C’est sympathique, oui, mais pour les ados. J’aurais sans doute aimé trouver ce genre de livres quand j’avais 15 ans. A offrir sans hésiter donc à vos filles, nièces, filleules, etc.


Celle que je voudrais être (tome 2)
Deuxième volume de la trilogie, on retrouve Valentine au lycée. Le groupe a éclaté dans différentes classes, mais les filles réussissent à se voir en dehors. La passion pour le manga et les histoires avec les garçons prennent une part grandissante. Bon, à vrai dire (là ça fait très "j'en ai marre de résumer"), c'est mignon, mais je m'ennuie un peu, tout simplement parce que je n'ai plus l'âge et que ces histoires d'ados, de filles qui ne savent pas ce qu'elles veulent ou qui le savent mais qui jouent à être celles qu'elles ne le sont pas et qui cherchent midi à quatorze heures, etc. je les vois déjà in the real life, alors ... Je persiste donc : bon reflet réaliste de l'adolescence au féminin, les jeunes filles adorent, effet miroir garanti ! Difficile donc d'être tout à fait sincère avec cette série, dans mon graaaannnd âge, j'ai envie d'autre chose, mais pour les adolescentes, OK!

Le tome 3 "Celle que je suis" est annoncé pour fin 2010. (oui c'est pas tout de suite !)

Tome 1 :
Dargaud, avril 2008, 192 pages, prix : 14 €

Tome 2 :
Dargaud, juillet 2009, 192 pages, prix : 14 €
Etoiles :
Crédit photos couvertures : © Vanyda et éd. Dargaud.

Par Laure
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Samedi 1 août 2009

Bienvenue en Klokochazia, le pays inventé par Nosfell, pays qui a sa propre langue totalement inventée, le klokobetz, graphiquement très travaillée, et qui s’inspirerait de l’allemand et du japonais. Le lac aux Vélies est un conte, à l’origine un spectacle musical, opéra folk-rock, créé par Nosfell et le violoncelliste Pierre Le Bourgeois. Ici il est proposé en album superbement illustré par Ludovic Debeurme (Lucille).
L’histoire est traduite en français par Nosfell, mais proposée en version bilingue klokobetz / français. C’est totalement hallucinant ! L’histoire, tout comme les dessins, sont effrayants, sombres, mi hommes mi monstres, déroutants. Günel, terrifiant personnage de Klokochazia, tombe amoureux de Milenaz. Ebloui et déjà fou d’amour, il essaie de l’embrasser mais ne réussit qu’à lui briser le nez et quatre dents. La belle s’enfuit et il part à sa recherche. Il rencontre l’ermite Vlokiz, qui lui explique le secret de la fleur de Jaün, fleur aux cinq pétales qui repose au fond du lac, et qui assurera l’amour de l’être choisi à celui qui s’en emparera.
J’avoue, cet album est profondément déroutant. Surprenant. Attirant. Ce qui a achevé de me convaincre, c’est le CD. Quelle richesse et quelle pureté dans la musique, quelles voix, quel chœur, quelle surprise d’entendre le klokobetz chanté (on ne comprend rien ! mais la musique et les voix sont si belles !) L’ensemble est magnifiquement travaillé (livre, livret qui accompagne le CD), qualité du papier, de la reproduction des illustrations, annexe qui ajoute à la fantasmagorie du récit, c’est un livre de grande qualité que propose Futuropolis et si l’on considère la qualité du livre et la présence du CD (65 min), le prix (29.50 €) est tout à fait raisonnable.

Il faut parfois savoir se laisser surprendre loin des sentiers battus !

L’article Wikipédia sur Nosfell 
Le livre sur la page de l’éditeur 

Ed. Futuropolis, juin 2009, Beau livre + CD musical, 40 pages en bichromie dont 4 pages en couleurs, format : 25 x 31 cm (à l’italienne), Imprimé sur Munken Pure 150 g et Périgord 170 g.
Etoiles :
Crédit photo couverture : © Ludovic Debeurme et éd. Futuropolis

Classé en BD parce que Futuro est un éditeur de BD et qu’il est proposé en « BD de genre », même si là, on est très loin du concept habituel de BD !

Par Laure
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Mercredi 29 juillet 2009

Fin des années 60 à Tokyo. Le jeune Hamaguchi rencontre un peu par hasard un grand mangaka dont il va devenir assistant. Il démissionne de son poste dans une entreprise de textile de Kyôto, où on ne lui laisse pas la liberté de création espérée. Car ce qu’Hamaguchi aime avant tout, c’est dessiner. A force d’ennui dans son travail, il s’évade en dessinant les animaux du zoo.

Un manga intéressant qui dévoile le travail des mangakas et de leurs équipes, une vraie organisation, l’acharnement et le dévouement total qu’il faut dans ce travail pour livrer ses planches à temps, l’espoir des jeunes assistants qui finissent les planches du maître et qui à force de travail, créeront les leurs un jour, s’ils en ont le temps tant leur travail est chronophage ! C’est ce que nous raconte Taniguchi à travers l’histoire du jeune Hamaguchi, sans doute l’histoire est-elle un peu autobiographique quant à ses propres débuts dans le manga.
Taniguchi y ajoute une grande part de sensibilité dans le personnage de la jeune fille malade Mariko, dont Hamaguchi tombera amoureux, elle qui l’aidera aussi à finir son premier manga et à garder la foi dans un espoir de publication. Les personnages qui gravitent tout autour sont intéressants aussi, notamment la fille du patron tout au début, rejetée car elle a fui un mariage arrangé, ne se cachant pas d’avoir eu un amant, mais voilà qui fait scandale… le frère d’Hamaguchi aussi en visite à Tokyo vient confirmer ce goût de l’auteur pour son rapport à la famille, au sacrifice que celle-ci induit parfois… même si la fin est un peu triste et l’ensemble un peu mélancolique, c’est un beau roman graphique d’apprentissage que tous les fans de Taniguchi apprécieront, et que tous les autres pourront découvrir !

 

Casterman, coll. Ecritures, juin 2009, 232 pages, prix : 15 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Jirô Taniguchi et éd. Casterman

Par Laure
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Vendredi 24 juillet 2009

Traduction : Tetsuya Yano.

 

Voici une nouvelle série de manga conseillée dès 14 ans mais qui peut être lu sans souci dès 9/10 ans, de par le sujet qu’il aborde notamment. (Je ne sais pas comment la série évoluera, mais le tome 1 se veut tendre et drôle).

En 1958 à Hiroshima, une jeune mère de deux enfants ne peut plus joindre les deux bouts et se voit obligée de confier l’un de ses deux fils à sa mère. Akihiro Tokunawa, qui doit avoir à peu près 8 ans, change donc de vie du jour au lendemain, quitte la ville pour la campagne perdue de sa grand-mère. La vie y est rude, dans une très grande pauvreté. Mais sa mamie est une « gabaï » mamie, une mamie sacrément géniale qui déborde d’idées pour récupérer tout ce qu’elle peut et vivre avec trois fois rien. Auprès d’elle, Akihiro apprend l’échange et la débrouille. Alors qu’il rêve de faire du kendo ou du judo par exemple, il se contente de courir car le terrain est gratuit et ce sport ne nécessite pas d’équipement particulier. Il court donc, mais pas trop, sinon il aura encore plus faim comme dit sa grand-mère !

Petites épisodes successifs qui sont des souvenirs de cette enfance à la campagne, si les ressources sont minimalistes, la tendresse, l’imagination et l’amour de sa grand-mère ne manquent pas ! Adaptée du roman autobiographique du scénariste (qui est aussi humoriste), la série compte actuellement 7 volumes au Japon et Delcourt vient de sortir le 1er tome en français.

C’est le type de manga intergénérationnel qu’on peut prendre plaisir à lire à tout âge tant le sujet se veut universel : les relations d’une grand-mère et son petit fils, le retour sur un monde frugal un peu vite oublié, la nécessité de la simplicité quand le nécessaire manque pour survivre, avec un retour sur la valeur des choses…

p. 112 : « tu sais mon garçon, les hommes sont heureux ou pauvres suivant leur façon de penser et l’état de leur cœur. »

 

Par l’auteur de Aya, conseillère culinaire.

 

Delcourt / Akata, juin 2009, 224 pages, prix 7,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. Delcourt

Par Laure
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