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Préambule

Des livres, et plus encore…

Je suis tombée dans la lecture à l’âge de 6 ans, je n’en suis jamais ressortie.

Je suis tombée dans les fils de la Toile en 1999, et j’y ai fait de belles rencontres. Des échanges sur feu le libraire en ligne bol.fr repris ensuite par Amazon, des jurys littéraires à la pelle, des plumes magnifiques sur les premiers journaux intimes en ligne initiés par Mongolo et la Scribouilleuse, …, douze ans plus tard, il en reste une belle toile joliment tissée, des amitiés nées ici ou là, et toujours, l’envie de partager mes lectures.

Bienvenue à vous,

 

Livr'ados

Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 19:04

 

moi-et-la-mer-de-weddell.jpgMarius, 15 ans, a un rêve : partir découvrir la mer de Weddell, loin là-bas en Antarctique, voir les glaces, les baleines et les manchots. Il a construit un igloo en morceaux de draps dans le garage familial et il a beau s'y réfugier, il étouffe dans le cocon familial, enserré dans la petite vie bien rangée de ses parents, du grand-père à l'aube de la mort, et du chien Vanille proche aussi du cimetière.

Pourtant, il devrait être heureux, avec la belle Daphné, mais il se sent vide de l'intérieur, il ne l'aime pas, ou peut-être que si, il n'en sait rien... Et l'ambiance est encore plus morose à la maison depuis que son grand frère Vincent est parti étudier à Bordeaux et ne donne plus guère de nouvelles.

 

Roman de l'errance adolescente, de l'entre deux, Marius erre dans sa propre vie comme une âme en peine. Il cherche mais ne sait pas vraiment quoi, il ne réussit pas à apprécier ce qu'il a... C'est à vous filer le bourdon toute cette déprime latente ! Pourtant il y a de très beaux passages, j'ai aimé la relation fraternelle, ces deux frangins qui cultivent une façade pour les parents alors qu'ils vivent tout autre chose, ce lien qui les réunit malgré les fuites et les esquives réciproques.

Un roman un peu long à démarrer, qui finalement est à l'image de Marius qui se cherche, un roman souvent trop mélancolique (la présence des deux fidèles copains ne réussit pas à enjouer le tout), qui malgré des lueurs (l'album photo offert par le prof de dessin) vous file un sacré coup de blues.

Les rêves de l'adolescence n'ont pas tous la gaîté des chiens fous. Même si ça finit bien.

 

 

D'autres titres d'Arnaud Tiercelin :

- En secret

- S'échapper d'ici

 

Rouergue, janvier 2012, 183 pages, prix : 12,40 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et Le Rouergue.

Par Laure - Publié dans : Livr'ados
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 07:32

 

liber-et-maud.jpgMaud a perdu la vue dans un accident. Depuis, elle se morfond dans son lit, entre déprime et colère, et refuse la visite de quiconque. Mais Liber, un garçon de sa classe de seconde, force la barrière et tente peu à peu de la ramener à la vie.

p. 17 : « Ce n'est plus elle, ce n'est plus elle, c'est comme si elle était morte dans ce putain d'accident ! La Maud d'avant était provocante, hardie, elle jouait sans cesse avec ses cheveux, elle aimait allumer les garçons, excepté lui, car elle se moquait toujours de lui (gentiment, certes) en le traitant de p'tit môme. Elle était la seule à ne pas l'appeler Béber dans la classe. Elle disait P'tit Môme. »

Car Liber est fanfaron, excentrique, foufou, ne réfléchit jamais trois secondes avant de parler et serait bien un petit peu amoureux de Maud. Mais « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis », ces deux-là vont s'aimer et se haïr tambour battant, à un rythme imposé tantôt par Liber tantôt par Maud. L'adolescent l'emmène à la piscine, au cinéma, joue au ping-pong avec elle, car il refuse que sa vie change à cause de la cécité. Cela entraîne bien sûr des scènes cocasses mais l'élan de Liber est bénéfique sur Maud. Va-t-il enfin réussir à coucher avec elle ? Est-ce vraiment ce qu'il souhaite d'ailleurs à force de le claironner? Dans une seconde partie plus sombre où Liber apprend de ses erreurs et mûrit à la vitesse grand V, le lecteur est suspendu à la décision de Maud et à l'avenir de ces deux-là.

Sous couvert de fanfaronnade, de blagues et de bons mots, mais aussi d'engueulades et d'injustice (Maud est très versatile!), les propos du roman sont bien plus profonds qu'il n'y paraît, et c'est tout l'art aussi de l'auteur, de réussir cela en gardant aux personnages une certaine légèreté et spontanéité. Inutile de dire qu'on le finit en apnée, entre espoir, larmes et sourire.

Un très bon premier roman.

 

(dès 13 ans)

 

L'école des loisirs, coll. Médium, janvier 2012, 194 pages, prix : 10 €

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Crédit photo couverture : © Rascal et l'école des loisirs

Par Laure - Publié dans : Livr'ados
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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 16:00

la-randonnee.jpgCinq adolescents, trois filles et deux garçons, que l’on sent un peu en rupture avec la vie, la famille ou la société (on n’en saura guère plus) partent en randonnée dans les Pyrénées avec leur éducateur, Jeff. Renouer avec la nature, marcher, se laver dans les torrents, camper, devrait permettre de resserrer les liens. A la descente du mini-bus, Jeff scotche les clés sur une roue arrière. On sent les précautions prises « au cas où » il y aurait un problème. Et dès lors en effet, rien ne se passera comme prévu.

Le lecteur va sentir monter l’angoisse lentement, non pas au sein du groupe, mais dans cette nature en apparence déserte : des bruits, des coups de feu, une présence invisible mais peu rassurante. Jeff va chercher à en savoir plus, mais son absence dure bien trop longtemps. Les jeunes vont devoir agir seuls…

Tout va crescendo jusqu’à un final aussi brutal qu’horrifique, qui pourtant suggère bien plus qu’il ne dit (et c’est là tout son talent !) mais qui laisse le lecteur dans une telle solitude face au texte qu’il est difficile de passer à autre chose sans avoir envie d’en discuter. Même si c’est un choc que l’on peut pressentir, il arrive quand même comme un coup de poing.

Une littérature efficace et qui frappe, ce n’est peut-être pas mon titre préféré de Christophe Léon (dont je n’ai pas encore tout lu non plus !) mais j’aime les univers (obsédants ?) qu’il crée.

 

Sur ce blog, du même auteur voir aussi :

Délit de fuite

 

 Et plus ancien ici :

Tu t’appelles Amandine Keddha

 

Ed. Thierry Magnier, « achevé d’imprimer face au grizzli » en janvier 2012, (oui il faut toujours lire les achevés d’imprimer de chez Thierry Magnier, ils le méritent), 115 pages, prix : 8,20 €

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Crédit photo couverture : © Séverin Millet et éd. Th. Magnier

 

Par Laure - Publié dans : Livr'ados
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Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 07:10

je-prefere-qu-ils-me-croient-mort.jpgInspiré de faits réels, cette histoire narre le parcours d’un jeune africain « repéré » avec quelques autres dans son pays natal (le Mali) par des recruteurs véreux qui leur promettent monts et merveilles dans de grands clubs de foot en France ou en Europe. La réalité est bien évidemment tout autre. Les mômes sont quasi nés avec un ballon au bout du pied, ils y jouent tout le temps, pieds nus, s’amusent, et rêvent aux grands qui sont partis et ont réussi. Alors quand on vient leur faire croire qu’ils ont des pieds en or et qu’ils vont devenir célèbres (et ainsi améliorer la vie de leur famille au pays), les parents n’hésitent pas à se cotiser pour réaliser ce grand rêve. Un visa provisoire et c’est le départ vers la France. Point d’Eldorado mais des hôtels bas de gamme, et des jeunes vite abandonnés à eux-mêmes, qui n’ont parfois qu’une visite et un repas par jour puis plus rien, dans un pays inconnu d’eux et sans ressources. Il faut alors survivre, et par fierté, ne pas craquer, ne pas avouer la misère et le désenchantement à sa famille, c’est pourquoi beaucoup préfèrent dire : « Je préfère qu’ils me croient mort ».

 

Le foot et moi, ça fait vraiment deux, mais j’aime bien les romans d’Ahmed Kalouaz habituellement, aussi j’ai tenté celui-ci destiné aux adolescents, et je me suis surprise à m’attacher vraiment au héros, et à trouver intéressante l’intrigue, sans doute parce que je ne connaissais rien de ce phénomène. (Naïve je suis). Kounandi relate son chemin, les comportements honteux des recruteurs,  et l’on perçoit bien son désabusement, partagé qu’il est entre l’envie d’y croire encore et la compréhension de la triste réalité à laquelle il se trouve confronté. Intéressant, vraiment !

 

p. 22 : « Je ne le savais pas encore, mais je venais de devenir une marchandise, un objet de troc. Mon père a signé des papiers que je n’ai jamais vus. De toute façon, il ne sait pas lire, qu’est-ce qu’il aurait pu comprendre à ce qu’avait écrit l’homme au costume ?  (…)

Dans l’esprit de mon père, je ne pouvais pas être un exilé comme les autres, c’est ce qui le rendait peut-être fier. Moi je ne partais pas pour balayer les rues ou m’user à la tâche, mais pour taper dans un ballon. J’allais être choyé, pensait-il, considéré presque comme un dieu, et il suffirait d’empiler les billets sur le coin d’une table, en faisant un tas pour chacun de mes frères, chacune de mes sœurs, chacun de mes oncles prêteurs. Et puis il s’imaginait venant me chercher deux fois par an à l’aéroport de Bamako-Sénou ».

 

Rouergue, coll. DoAdo monde, février 2011, 99 pages, prix : 9,50 €

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Crédit photo couverture : © Dorothy-Shoes et éd. du Rouergue

Par Laure - Publié dans : Livr'ados
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 17:39

papillon-sauvage.jpgLa rencontre n’a pas eu lieu entre ce livre et moi. Pourtant, on est plutôt bien intentionnés dans la famille envers les titres d’océan éditions (Mosquito est collectionneuse ), mais bon, voilà, ça arrive, j’ai tourné en rond entre une bibliothécaire acariâtre et un roman d’aventures qui ne m’a pas enthousiasmée…

 

Miky Glance est un très vieil homme qui s’offre une échappée belle de la maison de retraite les Papillons, pour revenir sur un lieu qu’il a beaucoup fréquenté l’été de ses quatorze ans : la bibliothèque municipale de Galforquin. Parce qu’il était menacé d’exclusion de son collège, sa mère lui a imposé des vacances studieuses : sous l’œil peu aimable de Foinsec, la bibliothécaire du village, Miky avait pour obligation de lire sur place chaque après-midi et de rendre un résumé écrit de sa lecture. Autant dire qu’il n’y va pas de bon cœur, jusqu’au jour où il découvre un pavé qui le passionne : les mines de Galforquin, d’un certain Cassy Jok, stimulé également par une étonnante rencontre avec un authentique rat de bibliothèque. Ce livre sera son cheval de bataille, et déterminera sa vie.

Un soupçon de fantastique (on pense inévitablement à Firmin qui m’était déjà tombé des mains), un roman d’aventures façon chasse au trésor, une quête du père et de soi, une bonne dose de clichés usés et usants sur les bibliothèques, le parcours d’un homme qui a toujours gardé en lui ce cheval intérieur au galop, le papillon sauvage qui le caractérise. Alors pourquoi ça n’a pas marché, je ne sais pas, j’ai eu vite l’impression qu’une fois découverte la lecture qui allait motiver Miky, on tournait en rond, et que le chemin était tracé. Je l’ai fini parce que c’était court, mais je me suis honnêtement un peu ennuyée.

 

p. 14 : « A l’époque, je commençais sérieusement à lorgner vers les filles, surtout une en particulier. En vérité, juste une. Ma pénitence aurait été moins dure si ma geôlière avait été jeune et séduisante. Mettons que si elle avait ressemblé à Amy, j’aurais trouvé la punition presque douce. Or, il se trouve que la bibliothécaire de Galforquin était loin de ressembler à Amy. Et d’ailleurs, je doute qu’il existe une seule jolie bibliothécaire au monde. Pourquoi une jolie fille viendrait-elle s’enfermer dans un trou à rat ? Foinsec avait la charge de me faire lire et de me surveiller. Et je crus comprendre le premier jour où j’entrai dans mon piège que ce rôle lui procurait un certain plaisir. Le ton sec, qui lui valait son surnom et qu’elle employa pour me signifier que j’avais dix minutes de retard, me le confirma. C’était le temps qu’il m’avait fallu pour gravir les marches. (…) Foinsec était la preuve vivante que les livres ne rendent pas heureux. »

 

Le billet de Véro, plus enthousiaste 

 

Océan éditions, coll. Océan fiction ados, mai 2011, 192 pages, prix : 9,90 €

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Crédit photo couverture : © Océan éditions

Par Laure - Publié dans : Livr'ados
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