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  • : 36 ans, bibliothécaire, et mère de 3 grands monstres qui poussent bien trop vite, parfois aussi épuisants qu'irremplaçables, je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.
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Préambule

Les jardins d’Hélène, c’est une longue histoire entre moi et … moi !

Voilà 8 ans déjà que je suis lectrice sur Internet, lectrice des dinosaures qui créèrent les journaux intimes online bien avant que les blogs uniformes voient le jour, bien avant que n’explosent tous ces bavardages trop nombreux mais uniques. Lectrice discrète je les ai suivis, j’ai parfois théorisé dans des webzines éphémères sur leur nouvelle  pratique du diarisme, j’ai lu Philippe Lejeune et j’ai acheté des bouquins pour apprendre le html et autre chinois du web, je ne les ai jamais ouverts. Lectrice j’étais, lectrice je resterais. Et puis c’est la rencontre récente avec Lou (elle se reconnaîtra), ma première vraie de vraie rencontre dans un café de la ville de province du coin, qui a rallumé la petite étincelle d’envie. On a parlé de tous ces bons vieux dinosaures chers à nos yeux sur l’écran. Et puis le phénomène Clarabel est arrivé, et elle aussi, sans le savoir peut-être, par sa gourmandise de livres si bien transmise, m’a encouragée à franchir le pas.

Je ne fais pas de pari sur l’avenir, je ne signe pas de contrat de durée, j’ai choisi la catégorie livres mais je m’autoriserai des écarts, jardins de feuilles et de pages, de fleurs et de perles, mais parmi toutes choses sincères il y a celle-ci : à vous diaristes qui depuis 8 ans êtes ma petite bulle d'air, merci ... et bienvenue !

Mardi 1 juillet 2008

A la manière des paquets de cigarettes sur lesquels il est écrit en gros « fumer tue », il est écrit ici que « lire guérit ». Stéphanie Janicot s’est donc amusée à jouer les bons docteurs pour en toute occasion vous proposer un roman qui soignera vos maux.

Je dis « s’est amusée » car tout est vraiment léger dans ce livre, l’idée, l’approche, le ton. Je n’avais rien à soigner (ou rien envie de soigner) mais un bon bouquin qui m’en conseille 100 autres, forcément, ça me tente toujours. Ainsi que vous soyez déprimée, moche ou aveugle, vous trouverez la solution en conseils romanesques dans ce Vidal littéraire made by Janicot. (Toutefois si vous êtes aveugle l’auteur ne dit pas comment vous la lirez).

Soyons honnêtes, ce livre n’est rien de plus qu’une liste des 100 romans qu’il faut avoir lus dans votre vie, des 100 incontournables qu’on vous conseille un peu partout, classiques que vous avez lus adolescents ou que vous avez notés depuis tant les livres sont connus. Bon d’accord, il y a quelques titres récents, et je n’ai pas pu m’empêcher d’en noter 2 ou 3, mais dans l’ensemble, rien de nouveau sous le soleil.

Que penser alors de l’approche ? Résumés allégés et symptômes vite décrits dans un langage simple et qui se veut amusant, j’ai souvent pensé au cours de ma lecture que l’auteur s’adressait à ses lecteurs de Muze (elle est journaliste à Bayard Presse), soit des jeunes gens de 15-25 ans. En tout cas le ton y est, ça se veut moderne, facile et léger. Mais peut-on être léger en tout ? Vous avez été violée ? : lisez lucky d’Alice Sebold, et d’autres exemples du même ordre. Si tel est votre cas, je ne suis pas sûre que vous soyez en état d’en rire. Même si c’est de l’humour. Alors contentons-nous de parler d’une compilation de 100 romans incontournables, et ce ne sera déjà pas si mal !

 

Et puis le lecteur est sollicité pour envoyer ses suggestions à lireguerit@albin-michel.fr, un tome 2 verra ainsi peut-être le jour.

A offrir à ceux qui manquent vraiment d’idées et qui n’ont jamais cliqué sur un blog littéraire de leur vie, pour les autres, déjà gagnés à la boulimie de lecture, continuez sans rien changer.

Au pire, empruntez le bouquin à une copine, allongée sur la plage, pourquoi pas…ouvert sur les yeux, ça protège du soleil.

 

Elles l’ont lu (et je suis tout à fait d’accord avec elles) :  

Amandameyre, Yspaddaden, et plus enthousiaste : Clarabel (que je remercie pour le prêt !)

 

Albin Michel, mars 2008, 226 pages, prix : 15 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : éd. Albin Michel.

par Laure publié dans : Essais / documents
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Dimanche 15 juin 2008

Il ne m’est jamais facile de parler d’un essai ou document, car lorsque je l’ai choisi, je l’ai fait pour des raisons toutes personnelles qui me touchent au cœur, c’est une lecture qui m’engage bien plus intimement qu’un roman. Je parle là bien sûr des documents que je choisis, et non de ceux que j’ai pu lire dans le cadre de Prix Littéraires, qui m’étaient donc « imposés ».

 

Ce livre de Chantal Birman, écrit en collaboration avec Sophie Troubac, est une vision complète et réaliste du métier de sage-femme. Un métier qui a toujours existé, et qui connaît aujourd’hui les restrictions de santé publique que l’on sait : sous-effectifs, etc.

Le livre de Chantal Birman est passionnant, empreint d’une humanité constante qui force l’admiration, ah comme j’aurais aimé accoucher avec elle ! Car s’il y a des récits de cas, de nombreux exemples, il y a aussi beaucoup de réflexion sur le métier lui-même, aspects philosophiques, physiques, psychologiques, sur cet accompagnement de la mère pour ce moment qui changera à tout jamais sa vie.

Bien sûr il y a des cas douloureux, viols, incestes, malformations, accouchements sous X, bien sûr il y a la réalité de la douleur et son acceptation ou non par chacune, il y a ce qu’on avait idéalisé et ce qu’on vit réellement, mais tout cela fait partie de la vie et de la naissance, moment où l’on n’est jamais aussi proche autant de la vie que de la mort.

Un ouvrage sublime, magnifique, où l’on sent toute la dignité que cette sage-femme accorde aux femmes (et aux pères), sans jamais oublier une profonde humanité ancrée en elle.

Un livre que tous peuvent lire, hommes, pères ou non, femmes ayant déjà donné la vie ou non, et bien sûr, un livre que tout le corps médical devrait avoir lu.

 

Ed. de la Martinière, février 2003, 350 pages, prix : 18 €

Ma note : 5/5

Crédit photo couverture : © Elisabeth Ferté et éd. de la Martinière.

par Laure publié dans : Essais / documents
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Mercredi 21 mai 2008

Les deux romancières que sont Eliette Abécassis (La Répudiée, 2000 ; Qumran, 2001 ;… ; Un heureux événement, 2006) et Caroline Bongrand (Le souligneur, 1993 ; Pitch, 2000 ; etc.) nous livrent dans cet essai à quatre mains un « manifeste pour une nouvelle femme française », un panorama de ce que vit la femme actuellement, pas si libérée que cela par le féminisme. Ou plutôt si elle a perdu certains carcans, elle s’est aliéné bien d’autres contraintes, la conduisant au défi quotidien et permanent de devoir être parfaite sur tous les plans : femme, épouse, mère, salariée, dans son corps, etc.

A travers de brefs chapitres faciles à lire, on se retrouve effectivement dans bien des passages, qu’il s’agisse de la mère au foyer, de la femme divorcée avec ou sans enfants, de la femme mariée superwoman qui se bat pour progresser dans sa carrière tout en étant épanouie dans sa vie de famille, là encore, etc. En filigrane bien sûr transparaît aussi un portrait succinct de l’homme moderne.

Si bien des analyses sont intéressantes, elles ne sont pas non plus révolutionnaires : le ton très « magazine féminin » donne une impression de déjà lu, comme s’il s’agissait d’une anthologie d’articles. On ne pourra s’empêcher aussi de trouver certains passages exagérés, du moins engagés du point de vue féminin (un livre sur les femmes écrit par des femmes !).

J’avoue avoir lu un peu en diagonale la dernière partie sur la tyrannie de la beauté et la femme utilisée à son insu dans un but d’expansion économique (tout ce qu’on nous vend pour les régimes), tout comme celle sur la ménopause vendue comme une maladie et la polémique sur le THS / cancer du sein qui suscitent à eux seuls des livres entiers et ne sont donc là qu’abordés superficiellement.

En résumé, une synthèse agréable à lire de la condition féminine aujourd’hui, qui se veut un document très grand public, et qui pêche peut-être parfois par une vulgarisation trop rapide des problèmes. A lire donc en connaissance de cause. 


Cet extrait page 33, que je dédie aux copines mères au foyer (elles comprendront, et l’ayant été moi-même pendant plus de 10 ans, je me comprends aussi, même si je crois qu’elles ont, tout comme moi, su dépasser ces clichés qui ont la vie dure et trouver leur équilibre en s’affirmant autrement, même si parfois, il y a des baffes qui se perdent, hein les filles…) : « La mère au foyer : cette soldate inconnue.
Aux yeux de la société, celle qui choisit la vie familiale est au mieux une planquée, au pire une incapable. C’est pourquoi la femme au foyer porte la culpabilité permanente de ne pas être créatrice de richesses. Ce n’est pas elle qui fait bouillir la marmite : c’est l’argent de son mari qu’elle dépense. A cause de cette culpabilité, elle en fait trois fois plus que nécessaire dans la maison et se jette dans une quête éperdue de perfection afin de se faire pardonner sa non-productivité apparente. Le regard que la société pose sur son existence fait peser sur elle un  degré d’exigence impitoyable. Rien ne lui sera pardonné. Son travail, qu’il concerne les enfants, le ménage, l’organisation de la maison, la planification des vacances, ne sera jamais ni reconnu ni valorisé. Elle est chauffeur, cuisinière, femme de ménage, secrétaire, répétitrice pour ses enfants. Elle n’a pas d’excuse pour ne pas être belle et disponible le soir. Elle est en quelque sorte la femme idéale : « cordon-bleu dans la cuisine, sainte dans le salon et avec les enfants, pute dans la chambre ». Et pourtant, une femme qui ne travaille pas n’est pas respectée. On la sait incapable de partir, car elle est inféodée au mari financièrement. Si son mari se désintéresse d’elle à la cinquantaine, au moment où les enfants quittent eux aussi la maison, elle se demande ce qu’elle a fait de sa vie. »

 

Et on en remet une couche p. 114 : « Etre une mère qui ne travaille pas, c’est apparaître comme un parasite. La femme au foyer est l’objet de tous les fantasmes : voilà une personne qui ne produit rien, qui est entretenue, qui a le temps de faire ce qu’elle veut, qui a de la chance, qui est une privilégiée, à qui la difficulté de la vie et du monde du travail est épargnée, une femme qui a le temps de vivre.
Or être une mère est une profession à part entière, qui exige le sens des responsabilités, la prise d’initiatives, des capacités intellectuelles, physiques et émotionnelles, une grande réactivité, un sens du management, une capacité d’adapter ses horaires aux charges nouvelles qui peuvent surgir, de la bonne volonté face aux tâches supplémentaires, la capacité de supporter un environnement stressant et un chef parfois tyrannique – l’enfant – et un collègue de bureau qui pratique l’absentéisme – le mari. »

 

 

Albin Michel, mars 2007, 217 pages, prix : 16 €

Ou Livre de Poche, mars 2008, prix : 6 €

Ma note : 3/5

Crédit photo couverture : LGF / Le Livre de Poche.

 

par Laure publié dans : Essais / documents
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Lundi 24 mars 2008

dieu-est-une-femme.jpgAriane Fornia est la fille du député PS de la Drôme, Eric Besson (aujourd’hui secrétaire d’Etat dans le gouvernement Fillon) et de l’écrivain et enseignante Sophie Brunel. En 2003, entre fin de 3ème et début de classe de 2nde, elle se laisse aller à écrire ces quelques réflexions sur le monde qui l’entoure, soit, l’année de ses 14 ans, qui est aussi le sous-titre du livre. S’il a des airs d’autobiographie et qu’il est écrit souvent à la manière d’un journal intime, l’auteur s’en défend et le qualifie bien de roman. Ma BDP l’a classé en 305.23 [jeunes de 12 à 20 ans, étude relative à une personne], soit un document. Peu importe.

S’il est une chose certaine, c’est que la jeune auteure, si elle a un regard perçant sur sa qualité d’ado tapageuse au look pseudo gothique, a aussi un regard critique et lucide sur la société, la politique, l’économie, et même le couple. A 14 ans, oui. Ce n’est pas la modestie qui l’étreint car elle sait ce qu’elle veut, elle ne manque pas de confiance en soi, et adopte souvent un ton très provocant. On sourira aux scènes d’ennui quand elle accompagne son père aux diverses manifestations locales auxquelles il montre sa figure de député, on comprendra les réflexions d’une ado sur les cours au collège et le profil des enseignants, et on lui accordera d’être brillante sur certains points.

On pourra reprocher au livre un manque d’enchaînement logique, proposant davantage une suite de pensées juxtaposées, mais la forme proche du journal le pardonnera.

1er ouvrage paru en 2004, Ariane Fornia est aujourd’hui en khâgne, et a écrit deux autres livres, la Déliaison (avec sa mère) et Dernière morsure.

 

Denoël, mai 2004, 210 pages, prix : 15 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd Denoël

par Laure publié dans : Essais / documents
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Vendredi 29 février 2008

baiser-d-isabelle.jpgVoici un livre que je naurais pas eu lidée de lire si je ne lavais reçu pour le Prix Elle. Jimaginais sans doute un récit racoleur, manquant de pudeur : il nen est rien.

Noëlle Châtelet a su retracer avec précision et humanité cette extraordinaire aventure médicale avec toujours un grand respect (et une écoute attentive) pour Isabelle, la receveuse défigurée.

1ère greffe mondiale de la face, cet événement a fait lactualité de tous les journaux, mais ce livre ma agréablement surprise par le travail d’équipe quil raconte. Ce nest pas seulement lexploit dun chirurgien, mais le travail de tout un réseau médical et paramédical dune bonne cinquantaine de personnes qui est décrit. Le challenge « scientifique » purement médical pouvant apparaître comme un défi technique à relever est contrebalancé par les passages en italique : la parole donnée à Isabelle par le biais de son journal rend le  récit plus humain.

Si ce document a évité l’écueil du sensationnalisme, je nen perçois pas encore bien la réelle motivation. Offrir au grand public le récit « vulgarisé » de cette première greffe qui est de toute évidence dans toutes les annales des publications médicales réservées aux professionnels ? Javoue être encore un peu gênée par cet intérêt que je cerne mal.

De même lusage des initiales ma souvent gênée dans ma lecture : tous les protagonistes sont nommés par leur prénom suivi de linitiale de leur nom de famille. A la longue cest fatiguant et lon ne sait plus très bien qui est qui. Tous ces personnages n’étaient pas anonymes lors des faits relayés par les médias, alors pourquoi ce choix de linitiale qui alourdit inutilement la lecture puisquils sont de toute façon identifiables ? 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de Elle 2008, catégorie Documents.

Seuil, oct. 2007, 317 pages, prix : 18 €
Ma note : 14/20
Crédit photo couverture : Didier Gaillard et éd. Seuil.

par Laure publié dans : Essais / documents
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