Les jardins d'Hélène

Cœur de lapin – Annette Wieners

29 Février 2016, 15:23pm

Publié par Laure

Traduit de l'allemand par Lucie Roignant

 

Coeur de lapinGesine Cordes est une ex flic qui s'occupe désormais de l'entretien d'un grand cimetière. Un matin, elle livre des couronnes mortuaires dans une chapelle, et réalise qu'elles sont destinées aux funérailles de sa sœur Mareike, qu'elle n'a pas vue depuis dix ans, depuis le décès de son petit garçon dans des circonstances étranges et non élucidées. Mareike a été retrouvée morte sur la voie ferrée après le passage d'un train. Que s'est-il réellement passé ?

 

Cœur de lapin est un roman policier classique au rythme très lent, dont la qualité principale est le développement du caractère de chacun des personnages.

L'intrigue se déroule donc lentement, en prenant les temps de poser les indices et les faits du passé, qui éclaireront ou mêleront davantage les faits du présent.

 

 

J'ai beaucoup aimé le personnage principal, mais aussi tous ceux qui gravitent autour, tous très travaillés, et qui contribuent au poids du secret familial et de ses conséquences, et la façon dont avance l'intrigue.

Si vous aimez les polars violents qui bougent à toute allure, passez votre chemin, en revanche, si vous aimez les intrigues psychologiques dans un décor surprenant (l'entretien d'un cimetière), vous ne serez pas déçus.

 

 

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Robert Laffont, coll. La bête noire, janvier 2016, 362 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Robert Laffont

 

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Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # février 2016)

29 Février 2016, 07:32am

Publié par Laure

Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # février 2016)

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10 produits terminés ce mois-ci, dans un rayon de soleil pré-printanier (mais dehors le vent est glacial !)

 

2 gels douche qui sortent un peu de l'ordinaire :

 

karité amande-mielLet it snow

 

 

- un gros flacon pompe de 500 ml de crème lavante de la marque Institut Karité, parfumée au miel et à l'amande (plus miel qu'amande dirais-je, un peu déçue sur ce coup-là), acheté à petit prix en vente privée, et la crème de douche Sephora de la collection de Noël 2015, « Let it snow », avec sa bonne odeur de propre et son tube déco de fêtes. Les deux furent sympa à utiliser. Pas de quoi se damner non plus pour en racheter.

 

 

Extra doux Rogé Cavailles

 

- Le gros flacon de 500 ml de soin toilette intime extra-doux de Rogé Cavaillès, l'éternel que je rachète en lot en parapharmacie et que je transvase dans un flacon pompe plus petit et plus facile à utiliser ! Indétrônable je crois :-)

 

 

 

 

 

déo dove original compressé

- Un déo qui était à ma fille je crois, et qu'on a fini par tous utiliser, histoire de s'en débarrasser : le Dove Original en format compressé. Le déo est efficace, le parfum de Dove peut-être un peu fort, le problème, c'est l'asphyxie à l'utilisation dans la salle de bain le matin. D'accord y a pire (vécu dans d'autres marques), mais ouvrir la fenêtre pour ne pas suffoquer quand il fait moins 5 dehors, ça réveille mais on préférera trouver un produit un peu plus safe. Non je ne rachèterai pas.

 

 

 

 

velouté corps Let it Snow- Le soin « velouté corps hydratant » de chez Sephora, toujours dans la collection « Let it snow » de Noël, acheté je l'avoue pour le pot tout mignon (et l'odeur de propre indéfinissable)

Côté texture, une crème assez épaisse, à la texture un peu louche, genre très légèrement grumeleuse mais à peine (me suis même demandé s'il n'y avait pas un problème d'émulsion), qui ne colle pas trop, hydrate à peu près bien, pas mal quoi. J'ai quand même trouvé que le pot se vidait à vitesse grand V. Une édition limitée donc on ne se pose pas la question de racheter.

 

 

 

Shampooing (densi)fibre

- Un shampooing Jean-Marc Maniatis pour cheveux fins, « (densi)fibre », plutôt pas mal pour des cheveux légers et un bon volume (bon juste le jour J) ; mais comme le club des Créateurs de Beauté n'existe plus, on ne se pose pas la question, on ne rachètera pas. (mais on finira le dernier flacon encore en stock)

 

 

 

 

sérum code jeunesse L'Oréal- Un sérum "code jeunesse de L'Oréal Paris", dans un flacon en verre avec pipette. Déjà utilisé précédemment, j'aime bien les formules sérum, après de là à dire que je vois un résultat sur la jeunesse, il y a un pas ! La présentation n'est pas des plus pratiques et j'ai atteint l'âge limite si j'en crois le petit schéma sur la boite qui le recommande entre 30 et 40 ans.:-) Je préfère essayer d'autres formules dans la même gamme de prix, mais sinon pourquoi pas ….

 

 

 

BB crème so'bio etic

- La BB crème de chez So'bio etic, texture légère. Je l'ai beaucoup aimée. Je l'avais reçue gratuitement en remerciement d'un test produit du groupe, il me semble que c'est parce qu'il manquait une info sur le tube : la teinte ! (claire). Je suis susceptible de la racheter, oui.

 

 

 

 

Et pour finir, les traditionnels papiers matifiants pour les retouches en cours de journée, une pochette Shiseido (la bleue) qui traînait depuis longtemps dans mon sac à main (et dont j'ai trouvé le dupe parfait récemment chez Kiko pour 3 fois et demi moins cher, présentation similaire c'en est troublant), et une recharge à 5 € de chez Paul&Joe. Verdict : eh bien je me suis lassée des Shiseido, trop chers, trop poudrés sur les doigts après usage, alors que ceux de Paul&Joe absorbent le sébum sans traces de poudre. Entre les deux, je privilégierai donc les Paul&Joe, ou les dupes de chez Kiko, je n'ai pas un budget de ministre :-)

 

 

Papiers matifiants Shiseido et Paul&Joe

 

 

Voici voilà pour ce mois-ci...

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M. Tigre se déchaîne – Peter Brown

26 Février 2016, 11:04am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Julie Guinard

 

Monsieur Tigre vit dans la ville, au milieu de plein de gens très heureux. Tout est lisse, propre, et policé. Tous les habitants sont très bien élevés, se saluent poliment, et les enfants ne doivent pas trop courir ni remuer, sous peine de déranger les adultes et de passer pour des mal élevés.

Mais Tigre lui, se sent à l’étroit, dans un carcan qui ne lui correspond pas. Il rêve de fantaisie dans ce monde très carré (graphiquement, c’est impressionnant et frappant, j’aime beaucoup d’ailleurs). Peu à peu, il va se laisser aller à être lui-même, mais va être rejeté par ses amis, qui le prient d’aller faire le zouave ailleurs. C’est ainsi que Monsieur Tigre découvre la nature et la liberté… mais aussi la solitude ! Et si chacun pouvait être soi-même en respectant les autres ? N’y a-t-il pas moyen d’y parvenir ?

 

Un bel album sur la liberté d’être soi tout en respectant le vivre ensemble, la possibilité d’affirmer sa personnalité pour être heureux, un texte porté à merveille par les illustrations dans des tons de brun et vert, qui vont de l’épure des maisons à la luxuriance de la nature, à l’esprit parfois un peu désuet, mais que le mouvement dynamise. J’aime beaucoup !

 

 

Sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2016 niveau CP

 

 

Circonflexe, août 2015 (1ère édition française en 2014), 40 pages,  prix : 13,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Peter Brown et éd. Circonflexe

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Clodomir Mousqueton – Christine Naumann-Villemin, ill. de Clément Devaux

25 Février 2016, 17:42pm

Publié par Laure

Clodomir Mousqueton est un vieux grincheux qui n’aime rien ni personne. Il ne faut surtout pas contrarier sa petite vie bien rangée entre son jardin, son fauteuil et sa télévision.

Un jour, le facteur lui livre un paquet inattendu : un livre. Clodomir n’en a que faire (il n’aime pas lire), il l’utilise pour caler sa porte de cuisine qui claque quand il y a un courant d’air. Le lendemain, le petit Marcel débarque : Monsieur Clodomir n’aurait-il pas reçu un livre par erreur ? Le facteur s’est trompé de boite aux lettres, et le petit garçon a très envie de connaitre la suite des aventures de sa série romanesque préférée !

Clodomir déteste les enfants (il déteste tout d’ailleurs), il envoie paître fermement le gamin. Qui est plutôt du genre tenace. Mais à force d’insister, le cœur de notre vieillard acariâtre pourrait peut-être bien fondre un peu et son imaginaire se laisser prendre au plaisir de la lecture ?

 

Un petit roman à lire tout seul dès 6/7 ans qui fait l’éloge de la lecture de manière humoristique : forcément on aime !

 

Sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2016 niveau CE1

 

 

Nathan, coll. Premiers romans, mai 2014, 29 pages, prix : 5,70 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Clément Devaux et éd. Nathan

 

*****

 

Un deuxième volume a paru en 2015 : La brigade de la poésie 

 

Clodomir est abordé au supermarché par une bande de gamins qui se proclame « brigade de la poésie » et déclame des vers dans les rayons. Bougon, Clodomir essaie de s’en débarrasser mais les enfants vont le pousser à écrire un poème. Pas si facile tout à coup !

 

Clodomir essaie mais l’inspiration viendra en même temps que son petit voisin Marcel, celui qui lui fait la lecture, et qui semble bien réussir à l’attendrir un peu.

 

Après la lecture voici venu le temps de l’écriture, et toujours celui du rapprochement des générations, alors que tout semble opposer nos protagonistes. C’est joyeux et drôle, et abondamment illustré.

 

J’adore les illustrations de Clément Devaux pour cette série, qui me rappellent celle de Quentin Blake.

 

 

Nathan, coll. Premiers romans, mai 2015, 28 pages, prix : 5,70 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Clément Devaux et éd. Nathan

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5/10/15...allez, on va jusqu'à 20 ?

22 Février 2016, 18:11pm

Publié par Laure

Il y a quelques jours, je notifiais les 10 ans de ce blog.

 

Mosquito, alias petite dernière, avait 5 ans lorsque je l'ai commencé. Un ou deux disques durs perdus dans les limbes des défunts ordis de la maison, finalement, c'est encore en ligne qu'on retrouve le mieux ses photos.

 

 

 

 

Stikmou, alias toujours petite dernière, fête donc aujourd'hui ses 15 ans, c'est logique....

 

Bon anniversaire Constance ! (il est temps qu'on te rende ton prénom !)

Voici un montage fait par ses copines et que j'ai piqué sur sa page FB :

 

 

5/10/15...allez, on va jusqu'à 20 ?

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Bellevue - Claire Berest

22 Février 2016, 15:06pm

Publié par Laure

Qu'est-ce qui a conduit Alma aux urgences psychiatriques de Bellevue, alors que tout allait bien dans sa vie entre l'écriture, les cours, et son compagnon Paul ? Qu'est-ce qui a tout fait basculer le jour même de ses 30 ans ? Ce sac poubelle qu'elle lui a demandé de descendre et qu'elle a retrouvé au même endroit quelques heures plus tard ?

 

L'incipit du roman est percutant. D'emblée j'ai aimé l'écriture de l'auteur et cette alternance entre présent dans la folie et les quarante-huit heures tumultueuses qui ont précédé. Une exploration fascinante de ce moment de bascule dans une vie ordinaire, et qui montre sans fard cette jeunesse désabusée, qui a perdu ses illusions, qui se cherche sans se trouver ou qui pour y parvenir passe par des extrêmes.

 

Un très bon roman, parfois dérangeant mais qui cache derrière certaines lignes plus crues une belle réflexion tout en profondeur sur l'âge adulte. Et c'est ce mélange des genres qui est particulièrement réussi.

 

 

Ce passage, où il est question de Julien Gracq, mais que je relève pour sa pique à l'Education Nationale :

p. 33 (numérique) : « […] l'auteur du Château d'Argol était un homme secret et discret. Aurait-il été taxé d'élitisme aujourd'hui, à l'heure des débats perpétuels sur la réforme scolaire ? Probablement. Quand on n'ose plus soumettre les enfants à des lectures obligatoires de crainte de les violenter, il est amusant de penser à ces ouvrages des éditions José Corti qu'il faut payer au prix fort, et dont il faut découper chaque page à la main avant d'entreprendre la lecture, l'éditeur publiant ce que l'on appelle des livres cousus. »

 

Cet enchaînement sur la même page :

p. 52 (numérique) : « Cet homme n'a aucune importance, je ne veux retenir ni son nom, ni son âge, ni son effort, ni son âpreté, ni sa bite, ni son goût, je n'ai voulu qu'être son support, et qu'il soit mon support, le temps de me fuir encore un peu, de trouver le rythme de ma fuite.

 

J'ai toujours imaginé que chacun possède une fenêtre dans la tête, une fenêtre avec vue, mais hermétiquement fermée. Sa seule présence est décisive, car son existence contient de l'autre côté la folie, qui reste alors une idée et un fantasme. Son scellement est le garde-fou indispensable à la normalité. La tenir bien close permet que s'accomplissent les tâches et les plaisirs, et qu'on s’accommode des petites trahisons que coud sur les êtres la fréquentation du quotidien. Il est rassurant qu'elle soit là, car elle rappelle qu'elle peut être ouverte, et même pulvérisée. Elle peut aussi rester fermée, inviter à la simple consultation. La fenêtre offre alors une vue possible, une vue alternative. Qu'elle soit là, c'est avoir le choix. Ouvrir, ne pas ouvrir. C'est primordial. »

 

 

p.99 (numérique) : « Je ne peux lire, je ne peux écrire, le Valium est mon début et ma fin, alors je verlainise. »

 

 

D'autres lecteurs enthousiastes (avec d'autres extraits)

- à l'ombre du noyer

- le blog du petit carré jaune

 

Une lecture Netgalley : 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

Stock, janvier 2016, 198 page, prix : 17,50 € (12,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Stock

 

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Gray's anatomie (bon appétit)

21 Février 2016, 17:53pm

Publié par Laure

 

 

Âmes sensibles et estomacs délicats s'abstenir, ne lisez pas ce billet (ou ne dites pas après que je ne vous avais pas prévenus)

 

 

Fifille a 19 ans et commence son deuxième semestre de P2. Kesako ?

 

Autrement dit, pendant 3 semaines, à raison de 2h30 par jour, elle dissèque un pauv'papi mort qui lui a rien fait et qui a gentiment fait don de son corps à la science. Moyennant deniers, car la faculté de médecine incinérera les corps à la fin.

 

Cela avait commencé par un timide texto : « j'ai découpé mon premier papi mort aujourd'hui ». Puis sont venus quelques détails les jours suivants, l'écartèlement rigolo des clavicules, le découpage de la trachée, l'étude des cordes vocales, et sa conclusion, toujours par sms : « c'est trop cool ».

 

Premier retour à la maison après 15 jours, elle arrive juste pour le dîner et nous dit que cet après-midi, elle avait un cerveau dans les mains (mais pas celui du papi, la boite crânienne, c'est pour la semaine prochaine). Puis elle nous a énuméré et décrit l'état normal ou non de tous les organes, ce qu'elle en faisait, le dernier repas du mort, les points de couture appris, et à la fin l'agrafeuse magique, le corps qui moisit malgré les solutions bactéricides tous les soirs, (son papi était plus souffrant que les autres, elle en aura un neuf cette semaine ^^) les odeurs parce que quand même, ça fait 15 jours qu'ils sont dessus, et encore, je vous épargne les détails.

Son frère a essayé de replacer le débat sur un plan économique : payer pour donner son corps à une faculté de médecine coûte sans doute moins cher que des obsèques auprès des Pompes Funèbres (c'est un point de vue, certes, même si je ne pense pas que ce soit la motivation première!)

 

  • Fifille : ben franchement il reste pas grand-chose à incinérer vu que tout ce qu'on enlève, on le met dans des poubelles et que mon papi, il est tout vide là

  • Moi : ben si fifille, le contenu de tes poubelles justement !

  • Son frère : ben oui, c'est pas le camion des ordures ménagères qui les ramasse sur le trottoir hein !

Fifille rit volontiers de sa bêtise, mais n'en jetez plus, avec son frère on décrète que finalement on n'a pas faim et qu'on va ranger le restant du repas au frigo.

 

En plus j'ai mal à la tête depuis deux jours, ça m'épuise et me rend vaguement nauséeuse.

  • Fifille : tu as une méningite

  • Son frère : non, tu fais un AVC. Les prémices.

  • Moi : bon ben vous m'enterrerez demain, là maintenant, je vais me coucher hein.

 

Tout cela pour dire qu'une centaine d'étudiants ouvrant des corps pour les analyser morceau par morceau, dans tout ce qu'il peut y avoir de plus éprouvant, sans qu'un seul ne fasse un malaise ou n'ait une appréhension, mais au contraire, trouve cela génial, à tout juste 19 ans, 20 ou 21 parfois, moi je dis bravo.

 

Quand elle m'avait demandé « Gray's anatomie » en cadeau pour ses 19 ans, j'avais répondu « mais tu as vu toutes les saisons, non ? », avant qu'elle ne me précise : « mais maman, je veux la 3ème édition de juillet 2015, 1128 pages, 3,064 kg, 83 euros ». Moi aussi j'avais ri de ma bêtise. Et appris quelque chose (tout est dans le A !)

 

Bon courage ma fille, mais de grâce, épargne nos déjeuners en famille :-)

 

(et non je ne t'autorise pas à t’entraîner sur les chats, et puis d'abord ils sont bien vivants)

 

(mais oui j'apprécie l'humour de ma bénévole quand elle me souhaite un bon week-end : « gare aux papis si Anne-Claire est dans le coin ! »)

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10 ans déjà ...

17 Février 2016, 11:43am

Publié par Laure

 

 

Une 10 eme année qui s'achève dans ces jardins, déjà,

 

après 1712 articles, le passage de 767 393 visiteurs uniques, et 1 672 477 pages vues.

 

10 ans, c'est long. Il serait grand temps de refaire les peintures et de donner un grand coup de balai.

 

Désherber les massifs et semer de nouvelles graines.

 

Ou laisser faire et entrer dans une 11 eme année,

 

A moins de lever l'ancre et fermer la porte délicatement.

 

 

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Les regards des autres – Ahmed Kalouaz

16 Février 2016, 17:04pm

Publié par Laure

Laure est en classe de 3ème au collège, et se trouve être la victime d’une bande de filles qui la harcèle, juste parce qu’un jour elle a dit qu’elle trouvait tel garçon sympa, alors que les autres le traitent de « barjo » parce qu’il est bon élève.

 

Le roman d’Ahmed Kalouaz démonte habilement le processus du harcèlement scolaire, la peur, l’isolement, tout en ouvrant un possible : la libération par la parole.

Il est nécessaire de dénoncer, de se confier, de ne pas laisser faire. On trouvera même au bas d’une page le numéro de téléphone de Stop Harcèlement (0808 807 010 appel gratuit, service mis en place par le Ministère de l’éducation nationale), pour celles et ceux qui n’auraient pas ou n’oseraient pas d’autres confidents. Si ce livre peut aider ne serait-ce qu’un seul élève qui l’emprunterait au CDI de son établissement scolaire ou dans une bibliothèque, ce serait déjà pas mal.

 

Il n’y a pas de description de scènes violentes, c’est un récit à la première personne qui décrit bien le phénomène et la souffrance dans laquelle la victime s’enferme.

 

Si je devais faire un reproche à ce récit, c’est peut-être d’être trop mature, trop adulte dans la réflexion par rapport à l’âge du personnage. De même quelques épisodes qui font davantage penser au lycée qu’au collège (à moins que ce soit très différent dans ma campagne, non on ne peut pas sortir comme on veut du collège pour aller manger à l’extérieur si le menu de la cantine ne nous plait pas, ni aller et venir comme on veut, ni fréquenter les bars aussi aisément à 14/15 ans.)

Malgré ce léger décalage, ce roman reste un ouvrage avant tout utile sur le sujet.

 

 

Extrait page 10 :

« J’ai vécu des semaines d’enfer en silence, croyant que ça pourrait s’effacer comme une petite douleur, une fièvre bénigne. Mais ça ne passait pas, mes mains devenaient moites rien qu’en pensant à l’injustice qui allait commencer une fois le portail du collège franchi. Et même s’il ne se passait rien certains jours, ce sentiment a commencé à m’envahir. Derrière chaque porte, au bout d’un couloir, j’imaginais des pièges, des rires qui allaient fuser derrière mon dos, sur mon passage. »

 

Page 18 : « Dès mon arrivée dans l’appartement, je me défais d’abord de mon sac, le vrai, puis du fardeau mental que je porte, avant d’aller dans la salle de bains passer un long moment, sous l’eau, mes mains et mon visage. C’est un rituel, à la manière des hommes que j’ai vus un jour à la télé se purifier dans le Gange. Même si le fleuve semblait charrier des eaux putrides, chargées d’immondices. Mourir au bord du Gange est parait-il un privilège. Disparaître parce que l’on est tourmenté deviendrait dans mon cas une manière de ne pas sombrer. Je ne parle pas de mourir, mais de m’enfoncer dans une forêt et d’avancer jusqu’à ce qu’une clairière se présente, un lieu tranquille où je pourrais regarder vers le ciel, sereinement. »

 

(Dès 12 ans)

 

Rouergue, coll. Doado, février 2016, 94 pages, prix : 9.20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Alain Laboile et éd. du Rouergue

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Hôtel Arcadia – Sunny Singh

16 Février 2016, 11:08am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Inde) par Maïa Bharati

 

Photographe de guerre de retour de mission, Sam récupère un peu à l’hôtel Arcadia, dans une ville qui n’est pas nommée mais peu importe. Très vite l’hôtel est en proie aux terroristes qui tuent froidement tous les clients, chambre par chambre. Abhi, le directeur, retranché dans un bureau où se trouvent le contrôle des caméras de surveillance, tente de sauver le plus grand nombre de personnes en téléphonant dans les chambres et en demandant aux clients de ne pas ouvrir les portes.

 

Le drame durera soixante sept heures avant que l’assaut de la police ne mette fin à la tuerie.

Une relation d’entraide et de compassion naitra entre Abhi et Sam, par le seul biais de textos et d’appels téléphoniques. Sam ne peut s’empêcher de risquer sa vie pour aller faire des photos, des lieux dévastés mais aussi des victimes. C’est son job. Abhi surmontera sa peur pour aider autant qu’il le peut, de par sa surveillance vidéo.

 

Le roman est très intéressant et réussi pour sa partie « retours en arrière » sur le métier de Sam et la nécessité pour elle de se blinder psychologiquement, confrontée sans cesse à la mort et à la guerre, et sur sa difficulté à construire une relation amoureuse dans de telles circonstances. De même Abhi dévoilera une part de sa vie amoureuse et de sa place dans sa famille, en rivalité avec son frère face à leur père.

 

Là où le roman pêche et n’est en rien crédible, c’est sur sa quatrième de couverture et son bandeau annonçant le summum du thriller à suspense. « Un thriller que l’on ne parvient pas à reposer » : non, ce n’est aucunement un page turner, et les parties consacrées à Sam en sortie dans les couloirs et les chambres ne témoignent guère de tension, ni de crédibilité : comment et pourquoi sort-elle autant de fois sans jamais croiser personne (bien sur Abhi l’aide par sa surveillance vidéo), sans que jamais l’action des terroristes ne croise son chemin. Soixante-sept longues heures sans que jamais vraiment ils n’occupent le devant de la scène, soixante-sept longues heures avant que la police n’intervienne… ça parait interminable dans la vraie vie, tout comme dans ce roman, hélas, que j’ai failli abandonner bien des fois.

 

Seuls les passages sur l’analyse des caractères des personnages sauvent l’ensemble. Le vendre comme un roman psychologique dramatique sur la vie d’une photographe de guerre, oui, mais l’erreur a été ici de le vendre comme un thriller qu’il n’est pas.

 

 

Galaade éditions, Janvier 2016, 251 pages, prix : 23 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Sébastien / Luoman / Getty / et éd. Galaade

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